Agro-industries gabonaises : la croissance à deux vitesses



2025-12-29 10:46:00

La dernière Note de conjoncture sectorielle du ministère de l’Économie et des Finances, couvrant le deuxième trimestre 2025, met en lumière des dynamiques contrastées au sein des agro-industries gabonaises. Entre la vigueur de l’huile de palme et des boissons, et le recul de la farine et de l’eau minérale, le secteur révèle ses forces, mais aussi ses fragilités structurelles.



Au deuxième trimestre 2025, l’huile de palme s’impose comme l’un des moteurs de la performance agro-industrielle nationale. La production d’huile rouge a enregistré une hausse remarquable de 19,8 %, soutenue par un bon niveau d’approvisionnement en régimes et par une demande en nette progression, tant sur le marché local que régional. Cette dynamique confirme le rôle stratégique de la filière palmier à huile dans la diversification de l’économie gabonaise et dans la consolidation de la sécurité alimentaire.

À l’inverse, la filière de la farine de blé illustre les contraintes persistantes qui pèsent sur certaines branches de l’agro-industrie. La production a reculé de 3,3 % sur le trimestre, pénalisée principalement par des difficultés logistiques, notamment l’acheminement vers l’intérieur du pays. Toutefois, sur l’ensemble du premier semestre, la tendance reste positive avec une progression de 5,1 %, signe que la demande demeure structurellement solide malgré les goulots d’étranglement opérationnels.

Le segment des boissons présente, lui aussi, un visage contrasté. Les boissons gazeuses et alcoolisées ont progressé de 1,5 % au deuxième trimestre, portées par une consommation stimulée par les nombreux événements sociaux et un marketing plus offensif ; sur le semestre, la hausse atteint 10 %. En revanche, l’indice de production de l’eau minérale a reculé de 5,6 % pour le deuxième trimestre consécutif, traduisant une contraction du carnet de commandes. Sur six mois, la baisse cumulée atteint 18,1 %, appelant à des ajustements urgents en matière de logistique, de compétitivité-prix et d’adéquation de l’offre à une demande manifestement en recomposition.