Assemblée nationale : comment l’UDB a pris le contrôle des commissions clés
2026-03-30 09:54:00
La mise en place des commissions permanentes de l’Assemblée nationale marque une étape décisive dans l’installation de la 14e législature. Derrière une volonté affichée d’inclusivité, une réalité politique s’impose : l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) a consolidé son emprise sur les leviers stratégiques du Parlement.
Une domination arithmétique sans équivoque
Forte de sa majorité parlementaire, l’UDB a transformé son avantage numérique en contrôle institutionnel.
Sur les 36 postes répartis au sein des bureaux des commissions, le parti présidentiel en détient 24, soit près des deux tiers, loin devant les autres formations politiques. 
Cette domination s’est traduite concrètement par la prise de 5 des 8 commissions permanentes, confirmant une stratégie de verrouillage des centres de décision parlementaires. 
Les commissions stratégiques sous influence
L’analyse de la répartition montre que l’UDB ne s’est pas contentée d’une présence symbolique, mais a ciblé des commissions à forte portée politique et économique :
• Commission des lois : confiée à Brice Constant Paillat, avec un score massif de 99,19 % 
• Commission de la planification et du développement : dirigée par Chantal Myboto Gondjout 
• Commission des infrastructures et travaux publics : pilotée par Séraphin Akure Davain 
• Commission de l’environnement : attribuée à Constant Bekale Be Nze 
• Commission de la communication et du numérique : confiée à Jean Claver Lendoye 
Ce positionnement permet au parti au pouvoir d’exercer une influence directe sur :
• la production législative,
• les politiques économiques,
• les projets d’infrastructures,
• et les enjeux liés au numérique et à l’environnement.
Une opposition contenue mais présente
Malgré cette domination, les autres forces politiques conservent des espaces d’expression :
• le Parti démocratique gabonais (PDG) garde des commissions de poids, notamment les finances et les affaires étrangères ;
• les Forces patriotiques (FP) prennent la tête de la commission santé et affaires sociales. 
Cette répartition alimente le discours d’une certaine inclusivité, même si l’équilibre réel reste largement favorable à l’UDB.
Entre ouverture affichée et contrôle stratégique
Officiellement, la composition des commissions reflète une volonté d’associer l’ensemble des groupes parlementaires. Le processus de désignation, réalisé par vote électronique, a d’ailleurs été présenté comme transparent et participatif.
Mais dans les faits, cette architecture révèle une stratégie politique claire :
assurer le contrôle des commissions les plus structurantes tout en laissant des espaces secondaires à l’opposition.
Comme le soulignent plusieurs observateurs, la nouvelle législature s’ouvre ainsi sous le signe d’un « équilibre contrôlé », entre pluralisme institutionnel et domination politique. 
Un enjeu clé pour la gouvernance
Dans le fonctionnement parlementaire, les commissions jouent un rôle central : elles examinent les projets de loi, orientent les débats et contrôlent l’action gouvernementale.
En s’imposant à leur tête, l’UDB sécurise donc un levier essentiel de la gouvernance, en cohérence avec sa majorité à l’Assemblée nationale, présidée par Régis Onanga Ndiaye.
Une législature sous influence
Au-delà des chiffres, cette séquence traduit une recomposition politique plus large au Gabon.
L’UDB confirme sa capacité à transformer sa victoire électorale en pouvoir institutionnel structuré. Une dynamique qui pourrait peser durablement sur l’agenda législatif et les orientations politiques du pays dans les années à venir.