Banques en CEMAC : Les capitaux étrangers passent de 38 à 31 établissements en une année



2026-10-21 16:47:00

Le paysage bancaire de la CEMAC connaît une recomposition progressive, marquée par le recul des établissements à capitaux majoritairement étrangers et la montée en puissance des acteurs nationaux. À fin décembre 2025, la sous-région comptait 54 banques en activité, dont 31 contrôlées majoritairement par des capitaux étrangers, contre 38 un an plus tôt. Cette évolution s’explique notamment par les retraits de certains groupes européens, les changements d’actionnaires et le renforcement de plusieurs groupes bancaires africains.



Le système bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale connaît une évolution de sa structure actionnariale. D’après le rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), le nombre de banques à capitaux majoritairement étrangers est passé de 38 à 31 entre fin 2024 et fin 2025. Sur la même période, le nombre total d’établissements bancaires en activité est passé de 56 à 54. Les banques à capitaux étrangers représentaient ainsi 57,4 % du secteur, contre 67,9 % un an auparavant.

En parallèle, les établissements à capitaux nationaux gagnent du terrain. Le nombre de banques privées à capitaux nationaux est passé de six à dix, tandis que celui des banques à capitaux publics a progressé de douze à treize. Au total, les établissements à capitaux publics et privés nationaux représentaient 42,6 % du paysage bancaire régional à fin 2025. Cette évolution traduit une diversification des profils d’actionnaires et une progression du contrôle national dans plusieurs marchés de la sous-région.

Plusieurs opérations illustrent cette transformation. Au Cameroun, Société Générale a conclu un accord en juillet 2025 pour céder sa participation majoritaire dans sa filiale locale à l’État, une opération validée par la COBAC en 2026. Dans le même pays, Standard Chartered a cédé ses activités au groupe nigérian Access Bank. Au Congo, la fusion-absorption de Société Générale Congo par BGFIBank Congo a également contribué à réduire le nombre d’établissements distincts.

Cette recomposition ne signifie toutefois pas que les capitaux étrangers ont perdu leur place dominante. Avec 31 établissements sur 54, ils demeuraient majoritaires en nombre à fin 2025. Le mouvement traduit plutôt une redistribution des positions entre groupes internationaux, investisseurs panafricains et acteurs nationaux. Il convient également de distinguer l’origine géographique des capitaux de leur nationalité au sens de la classification réglementaire : un groupe africain extérieur à la CEMAC reste considéré comme étranger dans les statistiques de la COBAC.

Sur le plan économique, cette transformation intervient dans un secteur dont les performances restent importantes, mais qui fait face à plusieurs risques. Les banques de la CEMAC ont cumulé 524 milliards de FCFA de bénéfice net en 2025, en hausse de 16,4 % sur un an, tandis que leurs actifs ont atteint 27 536 milliards de FCFA. Cependant, les créances en souffrance ont progressé de 10,9 %, à 2 244 milliards de FCFA, et l’exposition des banques aux États a augmenté. Le défi pour les régulateurs et les établissements consiste donc à accompagner cette recomposition tout en préservant la solidité financière, la qualité du crédit et le financement de l’économie.