Banques et microfinances : désormais, seuls les Gabonais pourront officiellement diriger les établissements financiers



2025-10-24 09:40:00

C’est une décision historique qui pourrait rebattre les cartes du paysage bancaire national. Le Conseil des ministres du 23 octobre 2025 a adopté un projet de texte réservant désormais la fonction de Directeur Général des établissements de crédit et de microfinance aux seuls ressortissants gabonais, sauf dérogation exceptionnelle accordée par le Comité National Économique et Financier.



Une mesure à portée symbolique et économique, prise, selon le communiqué final, en parfait accord avec le cadre réglementaire de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC), régulateur du secteur.

Objectif affiché : consolider la souveraineté nationale sur un levier stratégique de l’économie. « Le présent projet de loi, pris en application des dispositions de l’article 94 de la Constitution, vise la transformation durable de notre modèle de développement économique, dans lequel le secteur bancaire et de la microfinance conservent un rôle clé, notamment pour le financement de l’économie en monnaie locale », précise le texte.

Mais derrière cette volonté d’“africanisation” des postes de commandement, une onde de choc se profile. Si la décision est appliquée sans dérogation, plusieurs établissements comme l’Union Gabonaise de Banque (UGB), UBA, Ecobank ou Finam, actuellement dirigés par des expatriés, devront revoir leurs organigrammes.

Pour certains observateurs, cette mesure marque un tournant dans la politique économique de la Ve République, soucieuse de redonner aux Gabonais la maîtrise de leurs instruments financiers. D’autres, plus prudents, alertent sur la nécessité d’un accompagnement en compétences pour garantir une transition fluide.

Une chose est sûre : le secteur bancaire gabonais s’apprête à entrer dans une nouvelle ère de gouvernance nationale, un signal fort envoyé par les autorités sur la reconquête de la souveraineté économique.