Biodiversité : 13 leviers identifiés pour financer la préservation du patrimoine naturel gabonais



2026-10-02 11:04:00

Face à un besoin de financement évalué à 31,7 milliards de FCFA, le Gabon veut désormais passer de l’engagement environnemental à la mobilisation concrète des ressources. Treize mécanismes ont été retenus à Libreville pour structurer le financement de la biodiversité et faire de la conservation un levier à part entière du développement économique.



Le financement de la biodiversité franchit un nouveau cap au Gabon. Réunis mercredi 30 septembre à Libreville dans le cadre d’un atelier technique consacré au financement de la biodiversité (PFB), les différents acteurs ont retenu treize solutions destinées à résorber le déficit de financement estimé à 31,7 milliards de FCFA. Classées selon la méthodologie Biofin, ces propositions doivent désormais être traduites dans un plan d’action opérationnel, avec pour objectif d’identifier les ressources et les mécanismes capables de soutenir durablement les politiques de conservation.


Le dispositif envisagé repose sur une diversification des sources de financement. L’écotourisme, la finance verte et le développement des filières de produits forestiers non ligneux figurent parmi les secteurs ciblés. À ces leviers s’ajoutent des mécanismes plus innovants, notamment une taxe appliquée aux secteurs extractifs, le financement participatif consacré à la biodiversité et les paiements pour services environnementaux. La création d’un écolabel, ainsi que le recours aux financements bleus et verts, viennent compléter une architecture appelée à mobiliser davantage le secteur privé et les investisseurs autour des enjeux de conservation.


Cette approche traduit surtout une volonté de ne plus considérer la biodiversité sous le seul prisme de la dépense publique. Le patrimoine naturel gabonais est également envisagé comme un actif susceptible de générer des revenus, à condition de mettre en place des mécanismes économiques adaptés. L’enjeu sera donc de trouver un équilibre entre la nécessité de préserver les écosystèmes et celle de valoriser les ressources qu’ils représentent, sans compromettre leur renouvellement. Une équation qui suppose des instruments financiers crédibles, une gouvernance rigoureuse et une coordination effective entre les administrations concernées.


À la clôture des travaux, le secrétaire exécutif de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), Omer Ntougou Ndoutoume, a insisté sur la nécessité de transformer les résultats de l’atelier en propositions susceptibles d’être défendues au plus haut niveau de l’État. Selon lui, les travaux ont notamment permis de « briser les barrières de la coopération ». Il appartient désormais aux représentants des différentes administrations de porter ces solutions auprès de leurs ministres de tutelle et d’en faciliter l’appropriation institutionnelle.

La prochaine bataille sera donc celle de l’exécution. Les treize mécanismes identifiés constituent une feuille de route, mais leur efficacité dépendra de leur traduction en mesures concrètes, de leur capacité à attirer des financements et de la mise en place d’un cadre de suivi suffisamment robuste. Pour le Gabon, l’enjeu dépasse ainsi la seule recherche de 31,7 milliards de FCFA : il s’agit de bâtir un modèle dans lequel la protection de la biodiversité participe directement à la création de richesse et à la diversification de l’économie nationale.