CEMAC : la COBAC alerte sur une dangereuse dépendance des banques aux dettes publiques
2025-12-08 11:20:00
La Commission Bancaire de l’Afrique Centrale met en garde contre une dérive préoccupante du système bancaire régional.
Avec 61 % des crédits désormais orientés vers les États, les banques privilégient massivement les titres publics au détriment du financement de l’économie réelle. Une situation qui porte l’exposition aux dettes souveraines à 7 642 milliards de FCFA, soit plus de quatre fois leurs fonds propres.
La Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) tire un signal d’alarme sur la santé du système bancaire dans la zone CEMAC. Dans une récente communication, l’autorité de supervision met en lumière une tendance jugée « préoccupante » : la surreprésentation des financements accordés aux États au détriment du secteur privé.
Selon la COBAC, 61 % des prêts octroyés par les banques sont désormais destinés aux gouvernements, principalement sous la forme d’achats de bons et d’obligations du Trésor. Cette orientation, loin d’être anodine, confirme un déplacement progressif des banques vers des placements jugés plus sûrs et plus rémunérateurs, mais qui privent les entreprises et les particuliers d’un accès vital au crédit.
Cette préférence accrue pour les dettes publiques entraîne une conséquence majeure : les expositions des banques aux États atteignent désormais 7 642 milliards de FCFA, l’équivalent de 405 % de leurs fonds propres. Un niveau jugé extrêmement élevé, qui concentre les risques et met en péril la stabilité financière régionale.
Pour la COBAC, cette situation menace d’affaiblir la résilience du secteur bancaire, déjà confronté à un ralentissement économique, et complique la capacité de la CEMAC à soutenir durablement la croissance. L’autorité appelle donc les banques à rééquilibrer leurs portefeuilles, en accordant une plus grande place au financement du secteur privé, moteur essentiel de dynamisation économique et de création d’emplois.
Elle recommande également aux États membres de renforcer leurs politiques de gestion de la dette publique afin de réduire les risques de défaillance qui pourraient, à terme, ébranler l’ensemble du système bancaire.