CEMAC : Les dividendes de la BEAC sollicités pour recapitaliser la BDEAC
2026-10-21 16:53:00
Les six États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) cherchent de nouvelles solutions pour honorer leurs engagements envers la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC). Après avoir perçu 185 milliards de FCFA de dividendes de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) au titre des exercices 2024 et 2025, les pays de la sous-région envisagent d’affecter une partie de ces ressources à la recapitalisation de l’institution de développement.
La recapitalisation de la BDEAC s’impose comme un enjeu majeur pour le financement du développement en Afrique centrale. Les États de la CEMAC, actionnaires de la banque, envisagent de mobiliser une partie des dividendes perçus de la BEAC pour régulariser leurs contributions au capital de l’institution. Cette orientation s’inscrit dans une résolution adoptée en avril 2026 par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), visant à trouver une réponse aux retards de paiement accumulés par les pays membres.
Le mécanisme envisagé repose sur deux leviers complémentaires. Selon les informations publiées par EcoMatin, 50 % des arriérés de contribution pourraient être apurés par prélèvement sur les dividendes de la BEAC au titre des exercices 2025 et 2026, tandis que les 50 % restants seraient couverts par une opération de titrisation. Sa mise en œuvre demeure toutefois conditionnée à la consultation des plus hautes autorités nationales.
Cette initiative répond à une difficulté persistante dans la libération des fonds propres de la banque régionale. Selon les données rapportées par EcoMatin, les États de la CEMAC restaient redevables de 135,18 milliards de FCFA de capital appelé dans les comptes semestriels examinés en 2026. Sur les 335,3 milliards de FCFA de capital appelé auprès de l’ensemble des actionnaires, seuls 158,1 milliards avaient alors été effectivement versés. Ces retards fragilisent la prévisibilité des ressources disponibles pour soutenir les projets de développement.
La situation financière de la BDEAC renforce l’urgence de cette mobilisation. À fin juin 2026, sa trésorerie propre était tombée à 62,8 milliards de FCFA, contre 115,4 milliards à la fin de 2025. Dans le même temps, la banque a cherché à diversifier ses sources de financement, notamment par une émission obligataire internationale de 222 millions de dollars réalisée le 13 octobre 2026 et un prêt de 30 millions d’euros conclu avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).
Au-delà de la régularisation des engagements des États, l’enjeu est de renforcer la capacité de financement de la BDEAC au service des économies de la sous-région. Une recapitalisation effective pourrait contribuer à consolider ses fonds propres et à soutenir ses interventions en faveur des infrastructures, des entreprises et des projets intégrateurs. La réussite du dispositif dépendra néanmoins de l’accord des autorités nationales, de la concrétisation du mécanisme proposé et de la capacité des États à respecter durablement leurs engagements financiers.