Conclusion du procès des proches du clan Bongo : découvrez les verdicts prononcés contre la "Young Team"
2025-11-18 10:33:00
Après plusieurs jours d’audiences marquées par une forte tension au parquet de Libreville, l’affaire impliquant dix hauts responsables de l’ancien système politique, parmi lesquels des collaborateurs directs de Sylvie Aimée-Marie Bongo Valentin et de Nourredin Bongo, a connu son dénouement ce mardi 18 novembre 2025 au petit matin. Dans une salle comble et sous haute attention médiatique, les prévenus, qui avaient tour à tour exprimé remords et mea culpa, ont finalement été fixés sur leur sort. Un moment fort, chargé d’émotion, attendu par tout un pays.
Suspendue le 16 novembre après un marathon procédural, l’audience avait repris la veille avec le réquisitoire du procureur général, suivi de longues heures de plaidoiries assurées par une défense déterminée. Dans un ballet d’arguments juridiques, d’appels à la clémence et de plaidoyers personnels, les avocats ont tenté de convaincre la Cour de l’innocence ou de la bonne foi de leurs clients. Avant le retrait de la Cour pour délibération, chacun des dix accusés a été invité à s’exprimer une ultime fois : un exercice qui a révélé un regret unanime face aux dérives du système auquel ils avaient appartenu. De Ali Abdul Saliou à Ian Ngoulou, en passant par Jessy Ella Ekogha, les déclarations de pardon et de repentir se sont succédé, certains allant jusqu’à demander que leurs biens saisis soient restitués au peuple gabonais.
Au terme de plusieurs heures de délibération, la Cour est revenue en salle à 05h50 pour prononcer son verdict à 7h00. Les sanctions, lourdes pour certains, symboliques pour d’autres, ont été accueillies avec une solennité palpable. Jessy Ella Ekogha écope de 10 ans de réclusion criminelle dont 7 assortis de sursis, tandis que les frères Oceni Ossa Mohamed et Ali Abdul Saliou reçoivent chacun 15 ans de prison dont 5 avec sursis. D’autres peines suivent, allant de simples sursis à des amendes importantes. Steeve Ndegho Dieko, à l’inverse, a été reconnu non coupable et immédiatement relaxé. Parallèlement aux peines pénales, la Cour a exigé un vaste remboursement de préjudices moraux : plus de 6 milliards de FCFA pour certains, des confiscations de biens pour d’autres. « C’est un moment historique que traverse notre pays », a déclaré le président de la Cour, en conclusion d’une audience qui restera dans les annales.
Dans l’opinion, ce verdict marque une rupture nette avec l’impunité perçue des décennies précédentes. Les Gabonais présents dans la salle ont salué des décisions jugées “justes et nécessaires”. Pour beaucoup, comme l’a confié Romain Mbadinga, « le Gabon vient de tourner une page de son passé » et s’engage résolument vers une justice égale pour tous. La défense, toutefois, ne baisse pas les bras et a annoncé son intention de se pourvoir en cassation dans les cinq jours. Mais au-delà des voies de recours, le message envoyé par ce procès est clair : le système judiciaire gabonais assume désormais pleinement son rôle, même lorsque sont en cause certaines des figures les plus influentes de l’ancien régime.