Crise dans l’éducation : quand le manque de transparence crispe



2026-01-20 16:03:00

Depuis plusieurs semaines, le secteur de l’éducation nationale est paralysé par des grèves à répétition menées par plusieurs syndicats d’enseignants.



 Ces mouvements revendicatifs portent principalement sur la régularisation des situations administratives, les mises en solde et en présalaire, ainsi que le paiement des rappels de salaires.

Il n’existe pas encore une estimation unique, officielle et consolidée du montant total de l’ensemble des revendications non satisfaites à ce jour car celles-ci couvrent plusieurs catégories (rappels de salaires, régularisations, primes, revalorisations, conditions de travail, intégrations administratives, etc.) et sont traitées au fil des négociations et des engagements gouvernementaux. En résumé : l’effort budgétaire évoqué est d’au moins 90 milliards de FCFA, et les opérations déjà réalisées en matière de dette salariale dépassent plusieurs centaines de milliards de FCFA depuis 2022. 

Face à l’annonce de grèves d’enseignants, le ministère de l’Éducation nationale, sous l’intérim du Dr Simplice Désiré Mamboula, a organisé une réunion de crise avec les syndicats (SENA, Synetechpro) pour tenter d’apaiser les tensions et trouver un terrain d’entente. 

Le gouvernement a institué une commission interministérielle chargée d’examiner les situations administratives et financières des personnels de l’éducation. Cette démarche vise à accélérer la régularisation des dossiers d’enseignants et à donner une réponse concrète à leurs revendications administratives, avec un calendrier budgétaire étalé sur l’année 2026 

Dans un communiqué officiel, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé avoir engagé des discussions avec les associations de parents d’élèves (APE) pour une reprise des cours, invitant les enseignants à retourner en classe tout en poursuivant les concertations. 

L’État propose un traitement par étapes des dossiers de mises en solde, présalaires, titularisations et reclassements, via une commission interministérielle associant Éducation nationale, Fonction publique et Budget. 

Compte tenu du poids financier des revendications, le gouvernement privilégie un paiement fractionné des rappels, afin de préserver les équilibres budgétaires de l’État. 

Dans un contexte social fragilisé par les grèves répétitives dans l’éducation, la rétention d’informations aggrave la crise. Parents, enseignants et public peinent à suivre l’évolution réelle faute de données claires et accessibles.

Les autorités annoncent mesures, commissions et calendriers sans fournir de communication détaillée. Ce silence partiel entretient incompréhension et défiance parmi les acteurs de terrain. Cette opacité freine la confiance nécessaire à toute résolution de crise. Une communication claire, régulière et responsable apparaît aujourd’hui indispensable. Sans vérité partagée, aucune confiance durable ni sortie de crise n’est envisageable.