Crise à la CNAMGS : Entre accusations d’abus d’autorité et appels au respect de la légalité, le bras de fer entre le PCA et la DG prend une tournure institutionnelle
2025-10-07 09:03:00
La suspension surprise de la Directrice générale de la CNAMGS, Nadia Cristelle Koye, par le président du Conseil d’administration, Alain Claude Kouakoua, suscite une onde de choc au sein de l’opinion publique. Tandis que le PCA évoque de « graves manquements » de gouvernance, la DG dénonce un « abus d’autorité » et conteste la légalité de la mesure. Le ministère de tutelle et la présidence de la République gardent, pour l’heure, le silence.
Le début de semaine a été marqué par un coup de tonnerre à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Lundi matin, une correspondance signée du président du Conseil d’administration, Alain Claude Kouakoua, annonçait la suspension à titre conservatoire de la Directrice générale, Mme Nadia Cristelle Koye, pour « faits graves » mettant en cause la gouvernance de l’institution. Une décision prise, selon lui, conformément à l’article 29 des statuts approuvés par le décret n°0076/PR/MAS, dans l’attente d’une réunion extraordinaire du Conseil d’administration convoquée pour le 8 octobre.
Mais la riposte de la principale concernée n’a pas tardé. Dans une lettre adressée à son PCA, Mme Koye conteste vigoureusement la légalité de la suspension, qu’elle qualifie d’« abus d’autorité ». Selon elle, la mesure viole les principes de procédure et les textes organiques de la CNAMGS, qui garantissent à tout dirigeant le droit d’être entendu avant toute sanction. « Les irrégularités évoquées n’ont jamais été constatées par le Conseil d’administration. Pourquoi n’ai-je pas été interpellée à ce sujet ? », écrit-elle, avant d’ajouter : « Je me réserve le droit d’engager toutes les procédures judiciaires consécutives à cet abus de pouvoir. »
La crise a rapidement pris une tournure institutionnelle. Les syndicats de la CNAMGS, déjà inquiets de la situation interne, appellent au respect strict de la légalité et craignent que ce bras de fer n’affecte la mission sociale de l’institution, qui gère la couverture santé de millions de Gabonais. Dans un contexte de transition politique marqué par un retour à la rigueur et à la transparence, cette confrontation fragilise l’image d’une structure jugée essentielle à la politique de solidarité nationale.
Pour l’heure, ni le ministère de la Santé et des Affaires sociales, ni la présidence de la République n’ont réagi publiquement à cette affaire. Le silence des autorités entretient le flou autour d’un dossier désormais très médiatisé et suivi de près par l’opinion. En attendant la réunion du Conseil d’administration prévue ce mercredi, la CNAMGS se retrouve au centre d’un imbroglio juridique et institutionnel dont l’issue pourrait redéfinir les rapports de gouvernance au sein des entreprises publiques gabonaises.