Dépigmentation : 5 ans de prison et 50 millions FCFA pour les vendeurs de “Kwanza”
2026-05-14 10:16:00
Face à la montée inquiétante du phénomène de dépigmentation artificielle au Gabon, les autorités rappellent la fermeté du Code pénal contre la commercialisation des produits éclaircissants toxiques. Mais malgré les sanctions prévues, les citoyens attendent désormais une véritable offensive judiciaire et sanitaire contre ce commerce devenu massif.
Le rappel du cadre légal agit comme un électrochoc dans l’opinion publique. Au Gabon, la vente de substances toxiques destinées au blanchiment de la peau, communément appelées « Kwanza » dans le langage populaire, expose désormais leurs auteurs à des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 50 millions de FCFA d’amende. Une mise en garde qui intervient alors que le phénomène du « décapage » connaît une expansion alarmante, notamment dans les marchés de Libreville et sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, TikTok ou WhatsApp, des mélanges contenant de l’hydroquinone, du mercure ou encore des corticoïdes sont commercialisés sous des appellations séduisantes promettant un « teint métisse » ou un « glow express », sans aucun contrôle sanitaire réel.
Derrière cette industrie informelle de la beauté, les conséquences sanitaires sont pourtant lourdes. Médecins et spécialistes alertent depuis plusieurs années sur les dégâts provoqués par ces substances chimiques : brûlures irréversibles, infections cutanées graves, vergetures géantes, hypertension artérielle, insuffisance rénale et même cancers de la peau. Pour Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire, la question dépasse désormais le simple cadre esthétique pour devenir un véritable enjeu de santé publique. Le coût humain et financier pour le système sanitaire national ne cesse d’augmenter, tandis que de nombreuses victimes gardent des séquelles physiques et psychologiques durables. Malgré les campagnes de sensibilisation répétées, la consommation de ces produits reste fortement ancrée, portée par des standards de beauté souvent relayés sur les plateformes numériques.
Mais l’heure semble désormais être au passage à l’action. Les appels se multiplient pour que les autorités déclenchent enfin une phase répressive concrète contre les fabricants, grossistes et influenceurs impliqués dans la promotion de ces substances. L’application effective de la loi nécessitera une coordination entre les services de police, les autorités judiciaires et les organismes sanitaires chargés des contrôles. Des descentes dans les marchés, la fermeture des officines clandestines et la surveillance des contenus publicitaires sur internet sont notamment réclamées par une partie de l’opinion. Pour de nombreux citoyens, la crédibilité de l’État se jouera désormais sur sa capacité à faire respecter une loi déjà existante. Car derrière ces produits vendus comme des solutions de beauté rapide, ce sont des vies, particulièrement celles des jeunes, qui continuent d’être exposées à des risques sanitaires majeurs.