Discipline budgétaire et transparence financière : Le Gabon répond fermement aux critiques de Fitch Ratings
2025-10-08 12:40:00
Face aux doutes soulevés par l’agence Fitch Ratings sur la soutenabilité de la trajectoire budgétaire du Gabon, le ministre d’État en charge de l’Économie, Henri-Claude Oyima, a tenu à rassurer. Dans une déclaration publiée le 6 octobre 2025, il a affirmé qu’aucun emprunt ne servira à financer les dépenses de fonctionnement de l’État, réaffirmant ainsi l’engagement du gouvernement envers une gestion rigoureuse et responsable des finances publiques.
La mise au point du ministre de l’Économie intervient dans un contexte de fortes tensions sur la scène financière internationale. Le rapport de Fitch Ratings, publié trois jours plus tôt, estimait « irréaliste » le Projet de loi de finances 2026, pointant un déficit budgétaire jugé excessif, entre 25 et 27 % du PIB, et une dette publique susceptible d’atteindre 106 % du PIB. Des projections alarmantes que Libreville conteste désormais avec des arguments clairs et une stratégie de réassurance à destination des bailleurs de fonds.
Henri-Claude Oyima a ainsi rappelé que le recours à l’endettement sera strictement réservé au financement des projets d’investissement productif : infrastructures, énergie, industrialisation et transformation locale des ressources. « Aucun franc emprunté ne servira à payer les salaires, le service de la dette ou les charges administratives », a-t-il insisté. Une ligne de conduite qui vise à assainir les finances publiques et à redonner confiance aux partenaires internationaux.
Pour garantir cette discipline, deux leviers concrets seront mis en œuvre : la création d’un comité national de suivi, piloté par le ministère de la Planification, chargé de superviser l’exécution des projets cofinancés, et l’ouverture d’un compte dédié par projet, assurant la traçabilité complète des flux financiers. Ces mesures s’inscrivent dans une logique de transparence et de rigueur, en phase avec les standards exigés par la Banque mondiale, la BAD ou encore l’AFD.
En adoptant cette posture de fermeté, le gouvernement gabonais cherche à démontrer sa capacité à rétablir la crédibilité budgétaire du pays. Mais au-delà des annonces, c’est la mise en œuvre effective de ces réformes qui sera scrutée par les investisseurs et les institutions internationales. La bataille de la confiance, condition sine qua non pour obtenir un appui du FMI, ne se gagnera que par des actes.