Elargissement de l’assiette fiscale : ces nouvelles taxes qui vont entrer en vigueur au Gabon en 2026
2025-12-11 09:11:00
Un Conseil des Ministres s’est réuni le 4 décembre 2025 à Libreville sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République.
Au cours de cette rencontre, le Conseil a pris acte des
orientations du Chef de l’Etat, Chef du gouvernement relatives à
l’élargissement de l’assiette fiscale par l’instauration d’une taxe forfaitaire
d’habitation applicable à l’ensemble des logements, résidentiels comme
professionnels, selon une classification fondée sur les zones et
caractéristiques géographiques.
« Cette taxe fera l’objet d’un
prélèvement mensuel adossé à la facturation d’électricité. La Société d’eau et d’énergie du Gabon (SEEG)
étant retenue comme opérateur de collecte. Les zones rurales seront exemptées
pour la première phase. L’entrée en vigueur est prévue en 2026, conformément au
pacte fiscal républicain visant à renforcer l’équité contributive et à garantir
les moyens nécessaires à la politique nationale de relance. Le rendement
attendu de ce prélèvement est d’environ 2,8 milliards FCFA » précise le
communiqué final du Conseil des Ministres.
L’annonce de l’instauration de cette taxe
forfaitaire d’habitation suscite des réactions mitigées. Pour le gouvernement, elle contribuera à
réduire la dépendance au pétrole, à augmenter les ressources financières de
l’Etat. Aussi, les fonds récoltés via la nouvelle taxe permettront de financer
la construction des routes, des écoles, des hôpitaux, des points d’eau. Suivant
Eric Bouma, Directeur général des impôts, la taxe
forfaitaire d’habitation sera repartie selon les moyens de chacun.
Le gouvernement a aussi instauré une
taxe de 500 FCFA par litre sur les produits chimiques importés. Sont concernés,
les lubrifiants, huiles, solvants, peintures, vernis, pesticides. L’objectif de
cette taxe est de financer les programmes de dépollution et de transition
verte, avec une estimation de 25 milliards de FCFA de recettes. Une taxe de 5%
est également envisagée sur l’ensemble des services de télécommunications
(appels, internet, services à valeur ajoutée). L’argent collecté va servir à
financer les infrastructures numériques et accroître les recettes de l’Etat.
Cependant, cette mesure budgétaire soulève des préoccupations quant à ses
effets sur le coût de la connectivité et l’essor du digital.
Aussi, le
ministère de l’Economie, des Finances, de la Dette et des Participations que
dirige Henri-Claude Oyima a instauré « une Contribution Souveraine
Carbone » applicable aux opérateurs aériens et maritimes. Il est indiqué
que cette contribution s’applique dès le 1er janvier 2025, avec un
caractère rétroactif sur l’ensemble de l’année.
Selon le ministère de l’Economie, des Finances, de la Dette et des Participations, la « Contribution souveraine Carbone » a pour but de renforcer les ressources destinées aux politiques de transition écologique. L’implication de l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (AGADEV), chargé du pilotage administratif de la mesure, confirme la volonté du gouvernement d’intégrer au fur et à mesure des instruments financiers orientés vers la réduction de l’empreinte carbone des activités économiques.