Fonction publique : l’État traque 1 756 abandons de poste et matricules multiples
2026-03-06 15:04:00
Le gouvernement gabonais lance une vaste opération d’assainissement du fichier de la fonction publique. Près de 1 756 agents en situation d’abandon de poste et des cas de matricules multiples ont été identifiés, représentant plus de 8 milliards de francs CFA versés indûment par l’État.
Le gouvernement gabonais a décidé de s’attaquer frontalement aux irrégularités qui minent la gestion de la fonction publique. Selon les premières conclusions d’un audit en cours, 1 756 agents publics sont actuellement déclarés en situation d’abandon de poste, tout en continuant de percevoir leurs salaires. Une situation qui représenterait une charge financière estimée à plus de 8 milliards 181 millions de francs CFA pour les caisses de l’État.
Face à cette dérive, les autorités annoncent un durcissement des mesures disciplinaires. Des conseils de discipline devraient être convoqués dans les prochaines semaines afin d’examiner les dossiers des agents concernés. Ceux qui ne seront pas en mesure de justifier leur absence risquent des sanctions pouvant aller jusqu’à la radiation définitive de la fonction publique.
Cette opération d’assainissement s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation de l’administration. Lors d’une séance de travail consacrée à ce dossier, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a insisté sur la nécessité d’intégrer systématiquement le Numéro d’identification personnelle (NIP) dans le processus de vérification du fichier des agents de l’État. L’objectif est de disposer à terme d’un fichier biométrique fiable, permettant d’identifier les agents et d’éliminer les cas de fraude liés à la détention de plusieurs matricules de solde.
Le secteur de l’Éducation nationale fait également l’objet d’une attention particulière, notamment en ce qui concerne la gestion des vacations. L’audit en cours aurait déjà révélé plusieurs irrégularités dans le paiement de ces prestations, un dossier que le gouvernement considère comme particulièrement préoccupant.
Pour les autorités, la tolérance zéro est désormais de mise. Le vice-président du gouvernement a prévenu que toute personne impliquée dans ces pratiques devra répondre de ses actes devant la justice. Cette opération vise non seulement à restaurer la rigueur budgétaire, mais aussi à garantir une meilleure transparence dans la gestion des ressources publiques.
Au-delà de l’aspect financier, le gouvernement voit dans cette démarche un moyen de rétablir l’équité au sein de la fonction publique. En libérant des postes budgétaires occupés par des agents fantômes ou absents, l’État espère offrir davantage d’opportunités aux nombreux jeunes diplômés en attente d’intégration dans l’administration. Le message des autorités est clair : les ressources publiques doivent servir à rémunérer le travail effectif et non à entretenir des situations d’irrégularité.