Fonction publique : la vérité budgétaire face aux attentes sociales
2026-02-23 09:54:00
Invitée sur Gabon 24, la ministre Laurence Mengue Me Nzoghe-Ndong a exposé les contraintes structurelles qui encadrent l’accès à la Fonction publique, ravivant un débat sensible sur les recrutements opérés durant la Transition.
Sur le plateau de Le Gouvernement s'exprime diffusé sur Gabon 24, la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Mengue Me Nzoghe-Ndong, a tenu à rappeler un principe fondamental : l’entrée à la Fonction publique obéit d’abord à une logique budgétaire. Le concours constitue la voie normale d’accès, conditionnée par l’existence de postes budgétaires validés par le ministère du Budget. « Qui dit poste budgétaire, dit masse salariale », a-t-elle martelé, soulignant qu’un recrutement direct demeure, en théorie, une exception. Or, selon ses propres mots, cette exception aurait progressivement pris le pas sur la règle.
Au cœur de la controverse figurent les milliers de dossiers déposés durant la Transition, à la demande des autorités de l’époque, par des jeunes en quête d’intégration. La ministre s’est interrogée sur la base juridique et budgétaire de ces dépôts, rappelant que la création de postes relève d’un cadrage strict et d’arbitrages financiers précis. En filigrane, c’est toute la question de la soutenabilité de la masse salariale de l’État qui se pose. Car intégrer sans cadrage reviendrait à fragiliser durablement l’équilibre des finances publiques, dans un contexte où l’exigence de discipline budgétaire est devenue centrale.
Reste l’attente sociale, massive et légitime. Depuis des décennies, le concours général d’entrée à la Fonction publique n’a été organisé que de manière sectorielle, notamment dans l’Éducation, la Santé ou la Défense, laissant prospérer des pratiques dérogatoires. En appelant à une réadaptation des textes aux besoins actuels, Laurence Mengue Me Nzoghe-Ndong ouvre un chantier délicat : concilier impératif de rationalité budgétaire et promesse d’équité envers une jeunesse qui espère encore voir ses démarches aboutir. La réforme annoncée devra être claire, transparente et assumée, faute de quoi la tension entre contrainte financière et pression sociale continuera de miner le débat public.