Fonction publique : le gouvernement accélère la régularisation administrative de 12 000 agents en 2026
2026-03-06 11:24:00
À Libreville, l’exécutif entend transformer un engagement politique en réalité salariale en programmant, chaque mois, la prise en compte administrative et financière de milliers d’agents publics.
Le gouvernement gabonais entend franchir une nouvelle étape dans le règlement de l’un des dossiers sociaux les plus sensibles de l’administration publique : la régularisation des situations administratives de milliers d’agents. Lors d’une séance de travail tenue mercredi à Libreville, le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a reçu du ministre délégué chargé du Budget, Marc Abeghe, l’assurance que le processus de prise en compte administrative et salariale se poursuivra dès la fin du mois de mars. L’objectif affiché par l’exécutif est clair : traduire progressivement, sur les bulletins de paie, les décisions administratives restées en attente pendant plusieurs années, dans un contexte où l’État cherche à restaurer la confiance entre l’administration et ses agents.
Cette opération s’inscrit dans un programme plus large visant à régulariser près de 12 000 situations administratives au cours de l’année 2026. Elle mobilise plusieurs départements ministériels, notamment ceux de la Fonction publique, de l’Éducation, de la Santé et de l’Enseignement supérieur, réunis autour du coordinateur de l’action gouvernementale. Pour l’administration budgétaire, le défi est d’ordre technique autant que politique : transformer les actes administratifs, titularisations, reclassements ou avancements, en codifications effectives au niveau de la direction de la Solde. Un processus complexe, mais indispensable pour que les décisions prises par l’État se traduisent concrètement dans les rémunérations des agents concernés.
Dans le détail, la programmation prévoit une répartition sectorielle progressive : 4 000 agents pour l’Éducation nationale, 2 000 pour la Santé, 1 000 pour l’Enseignement supérieur et 5 000 dans les autres administrations publiques. Cette dynamique trouve son origine dans la décision prise le 24 novembre 2023 de lever le gel des recrutements et des évolutions de carrière instauré sous le régime précédent. Pour l’exécutif, l’enjeu dépasse la simple gestion administrative : il s’agit d’honorer une promesse publique et de corriger un blocage structurel qui avait fragilisé la gestion des ressources humaines de l’État. La réussite de ce calendrier mensuel sera ainsi scrutée de près, tant par les agents publics concernés que par l’opinion, pour qui la crédibilité de la réforme dépendra désormais de sa traduction concrète sur les fiches de paie.