Gabon : l’unique raffinerie de sel confrontée à une perte de 976 millions FCFA



2026-10-14 10:58:00

Avec des pertes cumulées de 976 millions de FCFA, Ragasel S.A. se retrouve à un moment charnière de son histoire. Une assemblée générale annoncée pour le 3 novembre à Libreville doit permettre aux actionnaires d’examiner les options envisageables pour l’avenir de l’entreprise, dont la situation financière soulève des questions sur la pérennité d’un outil industriel stratégique pour le Gabon.



L’avenir de Ragasel S.A. se joue dans un contexte financier particulièrement délicat. L’entreprise, présentée comme l’unique raffinerie de sel du Gabon, affiche des pertes de 976 millions de FCFA, un niveau qui représente plus de la moitié de son capital social, établi à 1,95 milliard de FCFA. Cette situation place la société face à des décisions déterminantes pour la poursuite de ses activités.

Selon les informations communiquées, une assemblée générale est convoquée le 3 novembre à Libreville afin que les actionnaires examinent les suites à donner à cette situation. Les options évoquées comprennent une dissolution anticipée ou une restructuration de l’entreprise. À ce stade, il convient de distinguer ces scénarios des décisions effectivement adoptées : l’issue de cette réunion n’est pas encore connue.

Le dossier relève également du cadre juridique OHADA, qui prévoit des mécanismes spécifiques lorsque les pertes constatées compromettent les fonds propres d’une société. Le franchissement du seuil légal impose notamment aux associés de se prononcer sur la poursuite de l’activité ou sur une éventuelle dissolution. Pour Ragasel, le choix retenu devra donc tenir compte à la fois de la situation comptable, des perspectives de redressement et des moyens mobilisables pour restaurer l’équilibre financier.

Parmi les pistes examinées par la direction figure la vente d’un immeuble afin de compenser une partie du déficit. Cette solution pourrait apporter des liquidités, mais elle ne suffirait pas nécessairement à résoudre les difficultés structurelles de l’entreprise. Une restructuration durable supposerait également d’évaluer les charges, les capacités de production, les débouchés commerciaux et les besoins d’investissement nécessaires à la continuité de l’exploitation.

Au-delà de la situation de Ragasel, l’enjeu est industriel. La fragilisation de l’unique raffinerie de sel du pays interroge la capacité du Gabon à préserver ses outils de transformation locale et à limiter sa dépendance aux approvisionnements extérieurs. La participation de Delta Synergie, présentée à hauteur de 29,1 % du capital, ajoute une dimension de gouvernance à ce dossier, dans un contexte où cette holding a fait l’objet d’un audit gouvernemental annoncé en 2024. La réunion du 3 novembre constituera donc une étape importante pour clarifier les perspectives de l’entreprise et les conditions d’un éventuel redressement.