Gabon : lancement officiel de la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG)



2026-04-11 19:47:00

Avec le lancement officiel de la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG), le 10 avril 2026, les autorités gabonaises franchissent un cap dans leur stratégie de lutte contre la vie chère. Pensé comme un instrument structurant, ce dispositif ambitionne de corriger les dysfonctionnements du marché tout en renforçant la transparence et l’efficacité économique.



Le Gabon amorce une nouvelle phase dans sa gouvernance économique. Le 10 avril 2026, la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG) a été officiellement lancée sous l’impulsion du Vice-Président du Gouvernement, Herman Immongault, aux côtés du ministre de l’Économie, Thierry Minko. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de réforme visant à contenir l’inflation et à restaurer un fonctionnement plus efficient du marché national.

Pensée sous l’autorité du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, la CEAG se positionne comme un véritable outil de pilotage économique. Bien au-delà d’une structure administrative, elle ambitionne d’intervenir à des niveaux clés de la chaîne d’approvisionnement afin de corriger des déséquilibres persistants, tels que les marges abusives, les asymétries d’information et les défaillances dans la transmission des baisses de coûts.

L’un des axes majeurs de cette réforme réside dans l’intervention dès le cordon douanier. En contrôlant la formation des prix à l’importation, la CEAG vise à garantir que les exonérations fiscales et autres facilités accordées par l’État bénéficient effectivement aux consommateurs. Ce mécanisme entend ainsi renforcer la cohérence entre les politiques publiques et les réalités du marché.

 

Dans une logique de modernisation, la CEAG introduit également un dispositif numérique participatif destiné à améliorer la transparence. Les citoyens pourront désormais accéder aux prix officiels et signaler d’éventuels écarts, contribuant ainsi à réduire les coûts d’information et à responsabiliser les acteurs économiques. Cette approche vise également à contenir l’expansion du secteur informel, souvent source de distorsions concurrentielles.

Sur le plan structurel, le choix d’un modèle de société d’économie mixte, majoritairement détenue par des opérateurs privés, traduit une volonté de co-construction entre l’État et le secteur privé. Ce modèle hybride cherche à concilier performance opérationnelle et objectifs de souveraineté économique, notamment à travers la promotion des circuits d’approvisionnement locaux.

En toile de fond, l’ambition est claire : stabiliser les prix à court terme tout en renforçant durablement l’efficience du système de distribution. Si les objectifs sont atteints, la CEAG pourrait devenir un levier majeur de compétitivité pour l’économie gabonaise, avec des impacts directs sur le pouvoir d’achat des ménages, la confiance économique et l’attractivité du marché national.