Guinée : le gouvernement rassure sur Doumbouya, l’opposition dénonce un vide institutionnel



2026-03-05 10:09:00

Absent du territoire depuis plus de deux semaines après un déplacement au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le président de la transition guinéenne, Mamadi Doumbouya, alimente rumeurs et interrogations. Si le gouvernement se veut rassurant, l’opposition dénonce un flou préoccupant au sommet de l’État.



Face à la montée des spéculations sur les réseaux sociaux, les autorités guinéennes ont finalement pris la parole ce lundi 2 mars pour clarifier la situation. Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a assuré que le président de la transition « se porte bien » et qu’il s’est entretenu avec lui dans la matinée.

Le chef de l’État, arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État de 2021, a quitté Conakry le 13 février pour participer au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba. Depuis, il n’a pas regagné le palais Mohammed V, siège de la présidence. Une absence prolongée qui a alimenté de nombreuses hypothèses, notamment sur son état de santé.

Selon son entourage, ce retrait temporaire relèverait d’un simple besoin de repos après plusieurs années de gestion intense de la transition politique. Le conseiller présidentiel Thierno Mamadou Bah et le chef du gouvernement évoquent un « break » nécessaire pour permettre au général de « reprendre du souffle » loin des tensions politiques.

Cependant, l’opposition reste sceptique. Pour Mamadou Bah Baadiko, cette absence prolongée, sans apparition publique ni communication directe du président, crée un climat d’incertitude. Il redoute un « vide constitutionnel » et une gouvernance exercée dans l’ombre, dans un contexte économique déjà fragilisé par une crise de liquidités et la cherté de la vie en pleine période de Ramadan.

Malgré ces critiques, la Primature affirme que les affaires de l’État continuent d’être suivies et arbitrées à distance par le président de la transition. Amadou Oury Bah a d’ailleurs annoncé un retour du chef de l’État dans la capitale guinéenne d’ici une semaine.

Ce retour est particulièrement attendu alors qu’un nouveau gouvernement vient d’être constitué et que les défis sociaux et économiques se multiplient. Au-delà des assurances officielles, une apparition publique du président pourrait contribuer à dissiper les doutes et à restaurer la confiance d’une opinion publique en quête de visibilité sur la conduite de la transition.