Industrialisation : le Gabon consolide son leadership au sein de la CEMAC



2026-06-01 16:12:00

Selon l’Indice d’industrialisation de l’Afrique 2025 de la Banque africaine de développement, le Gabon demeure la première puissance industrielle de la CEMAC et gagne dix places au classement continental.



Le Gabon confirme sa position de locomotive industrielle en Afrique centrale. D’après l’Indice d’industrialisation de l’Afrique (IIA) 2025 publié par la Banque africaine de développement, le pays se classe au 12ᵉ rang continental sur 54 États avec un score de 0,6021 sur 1, enregistrant ainsi une progression de dix places par rapport à l’édition précédente. Cette performance permet au Gabon de conserver sa place de première économie industrielle de la zone Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, devant la Guinée équatoriale, le Cameroun et la République du Congo. Une distinction qui témoigne des efforts entrepris ces dernières années pour renforcer la transformation locale des ressources naturelles et développer un tissu industriel plus compétitif.

Cette progression repose notamment sur les performances enregistrées dans la transformation industrielle, portée par la Zone économique spéciale de Nkok, devenue un symbole de la stratégie gabonaise de création de valeur ajoutée. La transformation locale du bois, du manganèse et d’autres ressources stratégiques a permis d’améliorer la contribution du secteur manufacturier à l’économie nationale. Toutefois, malgré ces avancées, plusieurs défis continuent de freiner l’essor industriel du pays. Les contraintes énergétiques récurrentes, les difficultés d’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises ainsi que la dépendance persistante aux revenus pétroliers limitent encore la pleine expression du potentiel industriel gabonais.

Au-delà du cas gabonais, le classement met en lumière les difficultés structurelles auxquelles demeure confrontée l’Afrique centrale. Avec une croissance régionale estimée à 3 % en 2024 et un commerce intra-africain encore faible, la sous-région peine à construire des chaînes de valeur suffisamment intégrées pour transformer durablement ses abondantes ressources naturelles. Dans ce contexte, le leadership industriel du Gabon apparaît comme un signal encourageant, mais également comme une responsabilité. Pour maintenir cette avance, le pays devra poursuivre ses investissements dans les infrastructures, l’énergie, la formation et l’innovation industrielle. Car au-delà des classements, l’industrialisation reste avant tout un levier essentiel de création d’emplois, de diversification économique et de souveraineté nationale, au cœur des ambitions de développement portées par la Ve République.