Libreville–Owendo : les routes secondaires dégradées, talon d’Achille du développement urbain



2026-03-26 23:42:00

Entre dégradation persistante et lenteur des interventions, l’état des voiries secondaires fragilise le quotidien des populations et interroge la gouvernance des infrastructures.



Circuler dans Libreville et Owendo relève parfois du parcours du combattant, notamment en saison des pluies. Dans ces deux pôles urbains en pleine expansion, l’état des routes secondaires contraste avec les ambitions affichées en matière de modernisation des infrastructures. De la Cité-Damas à Sibang, en passant par Bangos ou Akournam, les chaussées dégradées compliquent la mobilité, allongent les trajets et accentuent les difficultés d’accès aux services essentiels. Malgré les efforts engagés depuis l’ère du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), la réalité du terrain révèle des besoins encore largement insatisfaits.


Au-delà du constat, la question de la responsabilité reste centrale. La gestion du réseau routier est partagée entre l’État, via le ministère des Travaux publics dirigé par Edgard Moukoumbi, et les collectivités locales. Si les routes nationales relèvent de l’administration centrale, les voies secondaires dépendent des municipalités, ce qui crée parfois des zones de flou dans l’action et la maintenance. Résultat : des projets annoncés peinent à se concrétiser, notamment en raison de contraintes budgétaires ou de retards dans la mise à disposition des financements, malgré l’annonce d’une enveloppe de 100 milliards de FCFA pour le secteur.


Cette dégradation persistante n’est pas sans conséquences. Elle alimente les embouteillages, renchérit le coût du transport et complique le quotidien des habitants, en particulier les plus vulnérables. L’image d’un « mythe de Sisyphe » évoquée par l’opinion traduit un sentiment d’éternel recommencement des travaux, sans amélioration durable. Or, au cœur de toute dynamique de développement, la qualité des infrastructures routières demeure un levier essentiel. Pour les autorités, l’enjeu est désormais clair : passer d’une logique d’annonces à une exécution rigoureuse et visible, capable de transformer durablement le paysage urbain et de restaurer la confiance des citoyens.