Marché des titres publics : les États de la CEMAC visent près de 3 907 milliards FCFA en 2026
2026-01-22 11:20:00
Pour couvrir leurs besoins de trésorerie en 2026, les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) projettent de lever 3 906,5 milliards FCFA sur le marché régional des titres publics. Un programme ambitieux, dominé par les instruments de court terme, qui confirme le rôle stratégique de ce marché dans le financement des États.
Les États membres de la CEMAC entendent mobiliser 3 906,5 milliards FCFA sur le
marché régional des titres publics au cours de l’année 2026, selon les
programmes annuels d’émissions transmis à la Banque des États de l’Afrique
centrale (BEAC). Cette enveloppe représente environ 7 milliards de dollars et
vise principalement à répondre aux besoins de trésorerie et de refinancement
des dettes arrivant à échéance.
Le programme global se compose de 2 038 milliards FCFA de Bons du Trésor
assimilables (BTA), à maturité inférieure à un an, et de 1 868,5 milliards FCFA
d’Obligations du Trésor assimilables (OTA). La forte proportion de titres de
court terme traduit une priorité accordée à la gestion immédiate de la
trésorerie, parfois au détriment d’un allongement plus marqué de la maturité de
la dette publique.
Première économie de la sous-région, le Cameroun demeure le principal animateur
du marché avec un programme d’émissions de 1 165 milliards FCFA. Celui-ci
combine des bons à court terme destinés à la gestion de trésorerie et des
obligations de maturité moyenne orientées vers le financement du déficit
budgétaire. Yaoundé prévoit en outre un emprunt obligataire spécifique de 150
milliards FCFA sur le marché régional.
Le Gabon anticipe une mobilisation de 1 046 milliards FCFA en 2026, avec une
répartition relativement équilibrée entre BTA et OTA. De son côté, le Congo
programme 690 milliards FCFA, en privilégiant une part significative
d’obligations, traduisant une volonté d’allonger la durée moyenne de sa dette
dans un contexte de contraintes persistantes sur les finances publiques.
Le Tchad prévoit de lever 520 milliards FCFA, principalement via des
obligations, tandis que la Guinée équatoriale, avec un programme de 419
milliards FCFA, privilégie davantage les titres de court terme. La République
centrafricaine affiche quant à elle un programme plus modeste de 66,5 milliards
FCFA, exclusivement obligataire, en raison de la taille de son économie et
d’une capacité d’endettement encore limitée.
Ce calendrier confirme le rôle central du marché des titres publics dans le
financement des États de la CEMAC. Le principal défi demeure toutefois la
capacité du système financier régional à absorber ces volumes, dans un contexte
où les banques commerciales — qui détenaient 78 % des 9 138,9 milliards FCFA
d’encours à fin août 2025 — font face à des contraintes réglementaires
croissantes visant à limiter leur exposition au risque souverain.