Mariages des filles agées de moins de 18 ans : près de 4 500 cas enregistrés au Gabon



2026-09-23 16:49:00

Près de 4 500 filles ont été mariées avant l’âge de 18 ans au Gabon en 2023, selon les données du ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant reprises dans le rapport annuel 2025 des Nations unies au Gabon, nous rapporte nos confrères de Gabon média time. Révélé dans le contexte de la mission effectuée par la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de la violence à l’encontre des enfants, Najat Maalla M’jid, ce chiffre remet au premier plan les failles de la protection des mineurs.



Le chiffre ne résume pas à lui seul la réalité des mariages précoces, mais il donne la mesure d’un phénomène aux conséquences multiples. Déscolarisation, exposition accrue aux violences, risques sanitaires et réduction des perspectives d’autonomie figurent parmi les effets associés à ces unions. Les Nations unies soulignent par ailleurs la complexité des facteurs qui entretiennent ces pratiques, notamment la pauvreté, les normes sociales et les inégalités d’accès à l’éducation. Lors de sa visite au Gabon, du 1er au 5 décembre 2025, Najat Maalla M’jid a inscrit cette problématique dans un tableau plus large des violences faites aux enfants, qui comprenait également plus de 5 100 cas de violences scolaires, 148 abus sexuels sur des jeunes filles et 23 enfants victimes de traite recensés en 2023.

Face à cette situation, la représentante spéciale de l’ONU a appelé à renforcer les mécanismes de protection plutôt qu’à limiter la réponse à la sensibilisation. Ses recommandations portent notamment sur l’élaboration d’un plan national d’action doté de ressources suffisantes, la définition de responsabilités précises pour les différents acteurs et l’amélioration de la coordination ainsi que du recensement des dispositifs existants. Le Gabon a, en novembre 2025, rejoint l’Alliance mondiale pour mettre fin à la violence contre les enfants, donnant une dimension supplémentaire à ses engagements. L’enjeu est désormais de transformer ces engagements en dispositifs opérationnels capables d’identifier les enfants exposés, de prévenir les unions précoces et d’assurer une prise en charge effective des victimes.