Mines : 71 permis retirés, le Gabon veut reprendre le contrôle de son domaine aurifère



2026-10-20 10:38:00

À l’issue d’un audit de plus de trois mois, le ministère des Mines et des Ressources géologiques a annoncé, le 19 octobre 2026, le retour au domaine public de 71 permis miniers, dont 48 permis de recherche et 23 d’exploitation. Cette opération, engagée après la suspension des activités aurifères en petite mine en juin dernier, vise à clarifier la situation des titres et à réorganiser le secteur. Elle ouvre aussi un nouveau chapitre dans la gouvernance des ressources aurifères du pays.



Conduit du 29 juin au 16 octobre 2026, l’audit a porté sur la régularité des titres, les capacités techniques des titulaires et leur solidité financière. Les permis concernés sont répartis dans huit provinces, avec une concentration notable dans l’Ogooué-Ivindo, qui compte 25 titres, et la Ngounié, qui en totalise 18. Pour le ministre Sosthène Nguema Nguema, l’enjeu est de disposer d’une cartographie plus fiable des activités minières et de mieux identifier les titres effectivement valorisés. Le communiqué ministériel publie les sociétés concernées, les numéros des permis ainsi que les localités et provinces correspondantes. Toutefois, il ne détaille ni le nombre total de dossiers examinés ni les manquements précis relevés pour chaque titulaire, des éléments qui permettraient de mieux comprendre les décisions prises.

Cette opération intervient alors que les autorités ont engagé une révision du Code minier, avec l’ambition affichée de renforcer la transparence, la gouvernance et les retombées économiques de l’exploitation des ressources nationales. La restitution des titres au domaine public pourrait permettre de remettre les zones concernées à disposition, sous réserve du respect des procédures légales applicables. Pour concrétiser cette ambition, plusieurs étapes restent déterminantes : préciser les motifs des décisions, publier les informations réglementaires requises et assurer une redistribution transparente des titres disponibles. L’enjeu dépasse donc les 71 permis concernés : il s’agit de faire en sorte que les ressources minières contribuent davantage à l’économie nationale, tout en garantissant aux opérateurs un cadre juridique lisible et prévisible. Le chiffre annoncé constitue une première étape ; la portée réelle de l’opération dépendra de son suivi et des résultats obtenus.