ONU : António Guterres relance la question d’un siège permanent pour l’Afrique
2026-09-23 10:18:00
« Au XXIe siècle, il est injuste et indéfendable qu’il n’y ait pas de siège permanent africain au Conseil de sécurité des Nations unies. Cela doit changer. » À l’ouverture de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a une nouvelle fois placé la question de la représentation de l’Afrique au cœur du débat sur la réforme de la gouvernance mondiale.
Son constat est sans ambiguïté : alors que l’Afrique compte 54 États membres de l’ONU, le continent ne dispose toujours d’aucun siège permanent au Conseil de sécurité, l’organe chargé des principales décisions internationales en matière de paix et de sécurité.
Pour António Guterres, cette situation trouve notamment son origine dans les circonstances de la création de l’ONU en 1945, à une époque où une grande partie du continent africain était encore sous domination coloniale. Depuis, le poids démographique, politique et géopolitique de l’Afrique a profondément évolué, tandis que la composition permanente du Conseil de sécurité est restée inchangée.
Une revendication portée depuis longtemps par l’Afrique
La question n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, l’Union africaine défend une position commune à travers notamment le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte.
La position africaine réclame au moins deux sièges permanents pour le continent, avec les mêmes prérogatives que les autres membres permanents, ainsi que cinq sièges non permanents.
Le débat dépasse donc la seule question du nombre de sièges. Il porte sur la place de l’Afrique dans les mécanismes internationaux de décision et sur la capacité du système multilatéral à refléter les réalités du monde contemporain.
Une réforme qui ne dépend pas du seul secrétaire général.
Si la prise de position d’António Guterres donne une nouvelle visibilité à cette revendication, la réforme du Conseil de sécurité reste une procédure complexe. Elle nécessite une modification de la Charte des Nations unies, avec notamment l’approbation des deux tiers de l’Assemblée générale puis la ratification par les deux tiers des États membres, y compris les cinq membres permanents actuels.
Pour l’Afrique, l’enjeu est donc désormais de transformer une revendication portée depuis deux décennies en avancées concrètes dans les négociations intergouvernementales.
Une question demeure : le système international est-il encore représentatif du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui ?
Pour le secrétaire général de l’ONU, la réponse passe notamment par une présence africaine permanente au Conseil de sécurité.