Paiement des vacations : erreur comptable, paiement partiel humiliation de trop ?
2026-01-08 18:02:00
Annoncé comme un geste d’apaisement susceptible de débloquer la grève du secteur éducatif, le paiement des vacations a finalement suscité colère, incompréhension et indignation. En cause : des montants dérisoires, sans logique apparente, qui soulèvent de nombreuses questions restées sans réponse officielle.
Lorsque le ministère de tutelle a annoncé le paiement des
vacations, beaucoup y ont vu un signal fort. Dans un contexte de grève
paralysant le système éducatif gabonais, cette annonce laissait espérer une
avancée concrète, voire le début d’une sortie de crise. Mais sur le terrain, la
réalité s’est révélée bien différente. Selon de nombreux témoignages
concordants, les sommes effectivement versées varient entre 700 et 7 500
FCFA, avec des cas signalés à 900 FCFA, 950 FCFA ou 2 700
FCFA.
Ces montants interrogent. Comment expliquer de tels chiffres
alors que les barèmes officiels des vacations d’examens (CEPE, BEPC,
Baccalauréat) reposent sur un coût par copie nettement supérieur ? À titre
d’exemple, si une copie est rémunérée à environ 1 700 FCFA, comment comprendre
qu’un enseignant perçoive 3 600 FCFA, voire moins de 1 000 FCFA, alors
qu’aucune discipline ne compte moins de dix copies par correcteur ? La question
se pose avec insistance : sommes-nous face à une erreur de calcul, à un
paiement partiel ou à une grave défaillance administrative ?
À ce stade, aucune clarification officielle n’a été apportée
ni par le ministère de l’Éducation nationale, ni par les services financiers
impliqués dans l’opération. S’agit-il d’une première tranche ? D’un acompte ?
D’un dysfonctionnement technique ? Le silence des deux départements en charge
du dossier laisse le champ libre à la spéculation et renforce le sentiment de
mépris ressenti par de nombreux enseignants. Ce qui avait été présenté comme
une « libération » est désormais perçu comme une humiliation de plus.
Au-delà des vacations, les enseignants rappellent que la
grève en cours ne se limite pas à cette seule question. Le cahier de
revendications est long, structuré et ancien : titularisation, intégration,
avancement avec effet solde, paiement des rappels en totalité, revalorisation
des primes (transport, logement, éloignement, craie), régularisation des
bénévoles oubliés, reclassements, amélioration des conditions de travail,
sécurité dans les établissements, et désengorgement des salles de classe. Pour
beaucoup, les vacations ne sont qu’un élément marginal, qui ne concerne
d’ailleurs pas l’ensemble du corps enseignant.
Dans ce contexte, le paiement partiel et opaque des
vacations ne peut suffire à rétablir la confiance ni à mettre fin à la grève.
Les enseignants parlent désormais de dignité bafouée et réclament des
réponses claires, chiffrées et documentées.