« Parlons de vous » : Edouard Kevyn Davy Nguema Ndzang, le banquier qui veut redéfinir l’expérience client par le digital et qui fait aussi le buzz sur les RS
2026-10-02 07:02:00
Chargé des produits digitaux dans une institution bancaire de la place, Édouard Kevyn Davy Nguema Ndzang évolue à la croisée de la banque, de la technologie et de l’expérience client. Mais ceux qui le suivent sur les réseaux sociaux connaissent aussi un professionnel qui manie volontiers l’humour, les formules bien senties et les petites piques qui font sourire. Dans « Parlons de vous », BiBa 241 revient sur le parcours d’un banquier pour qui le digital ne se résume décidément pas à une application.
Dans un monde où les banquiers sont souvent associés aux chiffres, aux tableaux Excel et aux longues réunions, Édouard Kevyn Davy Nguema Ndzang apporte une petite nuance : on peut travailler dans la banque, parler transformation digitale… et savoir faire sourire les réseaux sociaux.
C’est probablement l’une des premières choses qui interpelle chez ce professionnel qui évolue depuis plus d’une décennie dans le secteur bancaire. À travers ses prises de parole et son activité sur les plateformes digitales, il cultive un ton accessible, parfois décalé, qui tranche avec l’image très institutionnelle que l’on peut parfois associer au monde bancaire. Mais derrière l’humour se trouve surtout un professionnel dont le parcours repose sur une constante : la curiosité. « Toujours apprendre, toujours avancer, et essayer de laisser les choses meilleures qu’on ne les a trouvées », résume-t-il lorsqu’il évoque sa devise personnelle.
De Toulouse à la banque : un parcours construit étape par étape
Son histoire professionnelle commence à Toulouse, avec une formation en Marketing Bancaire. Un premier stage à la Caisse d’Épargne, à l’agence Toulouse Côte-Pavée, lui permet de découvrir le monde bancaire et surtout le contact avec la clientèle. Le déclic est immédiat. « J’ai littéralement eu le coup de foudre pour le côté commercial, le contact avec la clientèle », raconte-t-il.
Après une licence, il choisit néanmoins de se réorienter vers l’Ingénierie Financière. Une décision qui lui permet d’acquérir de nouvelles compétences en finance, analyse financière et gestion des problématiques financières. Puis vient mars 2012 et son intégration dans son institution bancaire actuelle à la suite d’un concours organisé à Paris, avec plus d’une centaine de candidats pour un nombre de places limité.
Un moment particulièrement stressant ? Sans doute. Mais Édouard Kevyn Davy Nguema Ndzang préfère en rire : « Autant dire que ce jour-là, le café n’était pas le seul à être sous pression ! » Voilà le personnage.
Derrière les chiffres et les procédures, un professionnel qui sait aussi transformer une anecdote professionnelle en petite punchline. Et sur les réseaux sociaux, où l’attention se gagne parfois en quelques secondes, ce sens de la formule n’est certainement pas inutile.
Le digital : quand le banquier écoute aussi Internet
Après environ sept années dans le commercial, puis plusieurs expériences dans les fonctions support, communication externe, qualité et services clients, son parcours le conduit naturellement vers les produits digitaux. Aujourd’hui, son rôle consiste notamment à participer aux réflexions et aux projets liés à la transformation digitale et à l’amélioration de l’expérience client.
Une fonction particulièrement stratégique à l’heure où le client ne veut plus seulement savoir « quelle banque ? », mais aussi « combien de clics ? », « combien de temps ? » et surtout « pourquoi c’est compliqué ? ». « Le client ne compare plus seulement les banques sur leurs agences ou leurs conseillers : il compare aussi la simplicité, la rapidité et la qualité de l’expérience qu’on lui propose », explique-t-il. Et les réseaux sociaux jouent désormais un rôle important dans cette relation.
Ils permettent de recueillir les réactions, les attentes, les frustrations et les suggestions des utilisateurs. Pour les acteurs du secteur bancaire, les plateformes sociales sont ainsi devenues bien plus qu’un espace de communication : elles constituent également une source d’écoute.
Pour Édouard Kevyn Davy Nguema Ndzang, le digital doit donc partir d’un principe simple : comprendre le problème avant de chercher à vendre la solution. « Je ne sais pas, mais je vais chercher » : sa philosophie du travail. Ce qui le distingue dans sa manière de travailler ? Sa volonté de comprendre avant de répondre. « J’aime aller au fond des choses, comprendre pourquoi un problème existe et pas seulement traiter son symptôme », explique-t-il. Une philosophie qui l’a conduit à développer une qualité essentielle dans un secteur en constante mutation : la capacité à apprendre et à réapprendre.
Sa formule résume assez bien son état d’esprit : « Je ne sais pas, mais je vais chercher. »
Une phrase presque banale en apparence, mais qui prend une autre dimension lorsqu’elle vient d’un professionnel qui évolue depuis plus de dix ans dans un environnement où les technologies, les usages et les attentes des clients changent à grande vitesse. Et lorsqu’on lui demande ce qu’il ferait avec une baguette magique pour transformer son entreprise, il répond d’abord avec sérieux : davantage d’innovation, moins de silos, plus de transversalité et surtout davantage de vitesse entre l’idée et sa mise en œuvre.
Puis, fidèle à son personnage, il ajoute : « Et si la baguette magique pouvait également tripler mon salaire… Ça va lui faire quoi ? Riiien ! » Difficile de savoir si le service RH a apprécié la proposition. Mais côté réseaux sociaux, la punchline, elle, a tout pour circuler.
Un projet qui promet de « redéfinir l’expérience client »
S’il reste discret sur ses réalisations les plus récentes, c’est parce qu’un projet est actuellement en phase de test interne. Impossible donc d’en savoir davantage pour le moment. Mais l’intéressé lâche tout de même un teaser : « Tenez-vous prêts. Nous allons redéfinir l’expérience client ! » Voilà qui est dit.
Dans une époque où les entreprises rivalisent de campagnes de teasing avant même le lancement d’un produit, le chargé des produits digitaux semble avoir compris les codes. Pas de présentation PowerPoint de 48 slides, pas de communiqué de 12 pages : juste une promesse. La suite, prochainement.
Cette volonté d’innover s’inscrit dans une vision plus large du fonctionnement de l’entreprise. Pour lui, les bonnes idées peuvent venir de tous les collaborateurs, qu’ils travaillent dans le digital, le commercial, le back-office ou ailleurs.
Son credo : « moins de silos, plus de collaboration », mais aussi davantage de rapidité pour transformer les idées en solutions concrètes. Du banquier au futur entrepreneur ? Et si un jour il décidait de quitter les couloirs de la banque pour créer sa propre entreprise ? La réponse est déjà bien réfléchie.
Il imagine une structure à la croisée de la technologie, des services financiers et de l’accompagnement des professionnels et des particuliers, avec une forte dimension africaine. L’objectif serait de développer des solutions simples permettant de faciliter l’accès aux services financiers, d’améliorer la gestion des activités et de faire gagner du temps grâce au numérique.
Avec une pointe d’autodérision, il résume : « Après plus de dix ans dans la banque, je pense avoir accumulé suffisamment de questions pour commencer à créer quelques réponses ! » Derrière la plaisanterie se trouve une ambition sérieuse : créer une entreprise utile, innovante, capable de générer de la valeur et des emplois au Gabon, tout en ayant vocation à dépasser les frontières nationales.
À la jeunesse : « Ne cherchez pas uniquement à avoir un poste »
Son message aux jeunes Gabonais est finalement à l’image de son parcours : travailler, se former, rester curieux et accepter de progresser étape par étape. « On ne construit pas une maison solide en commençant par le toit », rappelle-t-il.
Dans un environnement professionnel où les réseaux sociaux donnent parfois l’impression que la réussite arrive en un post, une vidéo virale ou une photo bien cadrée, son conseil prend une résonance particulière : le buzz peut être instantané, mais une carrière se construit dans la durée.
Il invite donc les jeunes à développer leur maîtrise du numérique, leur capacité à communiquer et surtout leur capacité d’adaptation. Car pour lui, « le diplôme permet d’ouvrir certaines portes ; la capacité et la volonté d’apprendre permettent de continuer à les franchir ». Et sa conclusion vaut presque comme une signature : « Ne cherchez pas uniquement à avoir un poste. Cherchez à devenir quelqu’un sur qui l’on peut compter. »
À travers « Parlons de vous », BiBa 241 met en lumière ces Gabonais qui construisent leur trajectoire loin des raccourcis. Celle d’Édouard Kevyn Davy Nguema Ndzang raconte un professionnel passé du marketing bancaire à l’ingénierie financière, du commercial aux fonctions support, avant de s’installer au cœur de la transformation digitale.
Un parcours fait de travail, d’apprentissage et de curiosité, avec une particularité qui ne gâche rien : il sait aussi transformer une expérience professionnelle en contenu qui peut faire sourire les réseaux sociaux. Parce qu’après tout, même dans la banque, il faut parfois savoir faire travailler les chiffres et faire rire l’algorithme.