Partis politiques gabonais : la nouvelle loi impose une épreuve de vérité financière
2026-01-23 10:44:00
D’ici juin 2026, les 104 partis politiques légalement reconnus au Gabon devront avoir assaini leur gestion financière pour espérer continuer d’exister.
Par le biais du ministère de l’Intérieur, le gouvernement impose désormais des standards de gestion comparables à ceux d’organisations structurées, mettant fin à des décennies d’amateurisme budgétaire.
Au cœur de la loi n°16/2025, récemment rappelée aux responsables politiques, le volet économique apparaît comme un véritable filtre de crédibilité. Il ne s’agit plus seulement d’exister juridiquement, mais de démontrer une capacité réelle à gérer des ressources de manière responsable et transparente.
Fin de la confusion entre caisse du parti et finances personnelles
L’une des ruptures majeures introduites par la loi concerne la séparation stricte entre les finances des partis et celles de leurs dirigeants. Les pratiques où les ressources politiques se confondaient avec le portefeuille du président-fondateur sont désormais proscrites.
La loi impose une traçabilité totale des flux financiers, condition indispensable pour restaurer la confiance et assainir le paysage politique.
Bancarisation et comptabilité : des obligations non négociables
Deux exigences structurantes s’imposent désormais à toutes les formations politiques :
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L’ouverture obligatoire d’un compte bancaire au nom du parti, afin de sécuriser les cotisations, dons et autres ressources, et de garantir qu’elles sont gérées par l’entité morale elle-même.
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La tenue d’une comptabilité régulière et formalisée, permettant de justifier chaque entrée et sortie de fonds. Une transparence inédite dans un secteur longtemps marqué par l’opacité.
La légalité a un coût
Au-delà des finances, la conformité passe aussi par l’existence matérielle. L’obligation de disposer d’un siège social physique implique des charges locatives ou immobilières que seules des structures organisées et viables pourront supporter.
Une sélection naturelle du paysage politique
Cette réforme constitue une véritable épreuve de vérité économique. Les partis sans base financière, sans rigueur de gestion et sans réelle organisation sont appelés à disparaître. À l’inverse, elle ouvre la voie à un paysage politique plus crédible, composé de formations capables d’assumer leurs ambitions avec sérieux, transparence et responsabilité.