Régulation numérique : L’Afrique centrale veut harmoniser ses règles
2026-10-21 11:26:00
Réunis à Libreville pour une session extraordinaire de l’ARTAC, les régulateurs des télécommunications d’Afrique centrale examinent une réforme de leurs textes fondateurs. L’objectif est de renforcer la coopération sous-régionale, d’harmoniser les cadres réglementaires et de mieux répondre aux enjeux de l’économie numérique.
La régulation numérique s’impose comme un levier de l’intégration économique en Afrique centrale. Depuis hier, au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, à Libreville, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) du Gabon accueille la 4e session extraordinaire de la Conférence des régulateurs de l’Assemblée des régulateurs des télécommunications de l’Afrique centrale (ARTAC). Au cœur des échanges, la révision des statuts ainsi que des règlements intérieur et financier de l’organisation, avec pour ambition de consolider son fonctionnement institutionnel et de renforcer la coordination entre les autorités nationales de régulation.
Pour le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, l’harmonisation des cadres réglementaires dépasse la seule dimension technique. Elle constitue, selon lui, un enjeu politique et économique pour la sous-région, notamment face aux défis de l’accès aux télécommunications et de la réduction de la fracture numérique. Une coopération renforcée doit ainsi faciliter l’accès aux services numériques tout en permettant aux pays d’Afrique centrale de mieux défendre leurs intérêts face aux grandes puissances du secteur. Une ambition qui suppose toutefois de traduire les orientations communes en mesures concrètes, applicables dans les différents États membres.
Du côté de l’Arcep, son président, Célestin Kadjidja, appelle à donner une portée opérationnelle aux travaux engagés. L’enjeu est de faire de l’harmonisation réglementaire un outil utile aux opérateurs comme aux usagers de l’espace numérique communautaire. Dans cette perspective, le lancement officiel des six groupes de travail de l’ARTAC marque une étape dans la mise en œuvre de cette stratégie. Radiocommunications, normes techniques, gouvernance réglementaire et économique, régulation postale, services financiers numériques et protection des consommateurs figurent parmi les domaines retenus pour structurer les actions de l’organisation.
Le vice-président de l’ARTAC, Bonaventure Panzet SEBAS, a pour sa part exhorté les experts à produire des résultats tangibles, soulignant que la création de ces groupes ne devait pas se limiter à un exercice d’affichage. Les travaux devront notamment contribuer à améliorer l’interopérabilité des réseaux et des services, tout en renforçant la cybersécurité et la protection des utilisateurs. La réunion doit également examiner la demande d’adhésion du régulateur de Sao Tomé-et-Principe, une perspective qui pourrait élargir le périmètre de coopération de l’organisation.
Au-delà de cette session, l’enjeu sera de mesurer la capacité de l’ARTAC à transformer ses réformes institutionnelles en avancées concrètes pour l’écosystème numérique régional. L’harmonisation des règles, la coordination des régulateurs et la prise en compte des besoins des usagers seront déterminantes pour faciliter les échanges et accompagner le développement des services numériques en Afrique centrale. Pour Libreville et ses partenaires, cette rencontre ouvre ainsi un nouveau chantier : faire de la coopération réglementaire un instrument durable d’intégration numérique, au-delà des déclarations d’intention.