Réseaux sociaux suspendus : TikTok ouvre la voie au dialogue avec le Gabon
2026-02-24 00:00:00
Une délégation de la plateforme est attendue à Libreville pour discuter d’une coopération technique avec la Haute Autorité de la Communication, dans l’espoir d’un éventuel assouplissement de la suspension décidée le 17 février.
Après la décision de suspension des principaux réseaux sociaux au Gabon, le dialogue semble s’esquisser entre les autorités et TikTok. Selon l’Agence gabonaise de presse, une délégation de l’entreprise est attendue à Libreville afin d’échanger avec la Haute Autorité de la Communication (HAC). Dans une correspondance adressée au président de l’institution, Germain Ngoyo Moussavou, le directeur des politiques publiques de TikTok pour l’Afrique francophone, Nshingu Kazadi, indique que la plateforme « prend acte » de la décision du régulateur et comprend les préoccupations liées aux violations présumées du Code de la communication, notamment la loi n°019/2016 du 9 août 2016.
La plateforme affirme partager l’objectif de garantir un environnement numérique sécurisé et respectueux des droits des citoyens. Pour concrétiser cette volonté, TikTok propose d’intégrer la HAC à son dispositif TikTok Safety Enforcement Tool (TSET), un mécanisme permettant un signalement prioritaire et un traitement accéléré des contenus litigieux. Elle suggère également la transmission directe d’URL problématiques ainsi que de mots-clés sensibles afin d’améliorer ses systèmes de détection. Autrement dit, la plateforme ne conteste pas le principe de régulation ; elle cherche à en encadrer les modalités par une coopération technique structurée.
La suspension prononcée le 17 février vise aussi d’autres plateformes comme Facebook et YouTube, accusées d’héberger des contenus diffamatoires, haineux ou susceptibles de troubler l’ordre public. Les autorités ont précisé qu’il ne s’agissait pas d’une coupure générale d’internet, mais d’une mesure ciblée. La rencontre annoncée à Libreville pourrait donc marquer un tournant : soit vers un encadrement technique renforcé permettant la reprise des services, soit vers un durcissement si les garanties proposées sont jugées insuffisantes. La séquence ouvre, au-delà du cas gabonais, un débat stratégique sur la responsabilité des plateformes face aux exigences souveraines des États en matière de régulation numérique.