Revenu par habitant au Gabon : inférieur de 25 % à celui des années 1970 selon le FMI
2026-03-04 10:29:00
Le dernier rapport du Fonds monétaire international dresse un constat sévère : le revenu par habitant au Gabon est aujourd’hui inférieur de 25 % à son niveau des années 1970. Une statistique qui met en lumière les limites structurelles d’un modèle économique fondé sur la rente pétrolière
Malgré une richesse par habitant historiquement
élevée en Afrique subsaharienne, le Gabon fait face à une érosion progressive
de son pouvoir d’achat réel. Le rapport du FMI souligne un décalage persistant
entre la performance macroéconomique et le bien-être quotidien des ménages.
L’une des principales explications avancées est
la « maladie hollandaise ». En privilégiant la rente pétrolière, l’économie
nationale a progressivement délaissé l’agriculture et l’industrie
manufacturière. Cette dépendance accrue aux importations pour les biens de
consommation de base a fragilisé la production locale et exposé le pays à
l’inflation importée.
Cette configuration a donné naissance à une
économie d’enclave : des secteurs extractifs générant d’importants profits mais
peu d’emplois, tandis que la productivité locale stagnait. Résultat : une
contraction du revenu réel disponible pour une grande partie de la population.
Le FMI pointe également une gestion des finances
publiques orientée davantage vers la consommation que vers l’investissement
structurant. Sur les dix-sept programmes engagés depuis 1986 avec
l’institution, la majorité n’a pas permis d’atteindre les objectifs de
diversification. La dette publique, désormais estimée à 74,7 % du PIB, limite
les marges budgétaires et réduit la capacité de l’État à soutenir les services
sociaux et les PME locales.
Face à ce constat, le rapport appelle à une
rupture profonde avec le modèle rentier. La baisse des réserves de change sous
le seuil critique impose des réformes ambitieuses : transparence budgétaire via
le SIGFiP, réorientation des capitaux vers la transformation locale et
accélération de la diversification. La réussite de la transition économique
dépendra de la capacité à inverser une trajectoire de cinquante ans de
déséquilibres structurels.