Sécurité routière : le Gabon enregistre une baisse de 7 % des accidents, mais l’État appelle à redoubler de vigilance
2025-11-18 10:24:00
Le Gabon a enregistré une diminution notable des accidents de la route entre 2023 et 2024, passant de 2 056 à 1 928 cas. Une baisse d’environ 7 %, saluée par le ministère des Transports qui y voit le résultat combiné des campagnes de prévention, du durcissement des contrôles et d’une meilleure coordination entre les forces de sécurité, les médias et la société civile.
Selon les nouvelles données publiées par la Direction générale de la Sécurité routière, 128 accidents ont été évités en un an. Une évolution qualifiée de « positive » par les autorités, qui rappellent toutefois que chaque chiffre masque une réalité humaine douloureuse : « des vies brisées, des familles meurtries, des destins interrompus ».
Depuis mai 2025, l’exécutif a adopté une ligne ferme visant à endiguer l’hécatombe routière. Cette stratégie s’est matérialisée par un renforcement massif du contrôle automatisé, l’installation progressive de radars fixes et mobiles ainsi que la mise à niveau de plusieurs postes de contrôle sur les axes les plus accidentogènes.
Les dispositifs d’Ekouk, Benguie-Oka, Junkville et Petit Odavo sont désormais pleinement opérationnels. Ils offrent une surveillance continue et permettent une sanction quasi immédiate des excès de vitesse, première cause d’accidents graves au Gabon.
Les radars ne constituent qu’un volet de la nouvelle stratégie. Les forces de défense et de sécurité ont également intensifié les patrouilles permanentes, multiplié les contrôles surprises et appliqué de manière stricte les sanctions prévues par le Code de la route.
Désormais, toute infraction grave — conduite en état d’ivresse, excès de vitesse, surcharge, absence de permis — fait automatiquement l’objet d’une verbalisation. Une rigueur qui, bien qu’ayant suscité des critiques lors de sa mise en œuvre, semble aujourd’hui porter ses premiers résultats tangibles.
Les autorités rappellent que la lutte contre l’insécurité routière constitue un enjeu de santé publique majeur, notamment pour les jeunes, qui demeurent les premières victimes des accidents graves.
Si la baisse de 7 % représente un progrès significatif, le ministère des Transports invite la population à éviter tout relâchement. « Chaque accident reste un accident de trop », affirme la communication officielle, insistant sur la nécessité de poursuivre la sensibilisation et de renforcer la vigilance individuelle.
Le gouvernement prévoit d’ailleurs d’accélérer ses réformes. Plusieurs mesures sont à l’étude pour début 2026 :
– augmentation du nombre de radars et caméras intelligentes ;
– lutte renforcée contre l’alcool au volant ;
– amélioration de la formation initiale des conducteurs ;
– programmes éducatifs ciblés pour les jeunes, les taxis-bus et les transporteurs ;
– modernisation des infrastructures routières sur les tronçons les plus dangereux.
La prochaine étape consistera à intégrer davantage de technologies pour anticiper les risques, tout en poursuivant les actions de terrain. Le gouvernement affirme sa détermination à réduire durablement la mortalité routière et à faire du respect du Code de la route « un réflexe citoyen ».
Malgré les avancées enregistrées, les autorités insistent sur un point : la bataille contre l’insécurité routière ne peut être gagnée qu’avec l’implication collective. « L’État agit. Mais la responsabilité de chaque usager reste essentielle. »