Séoul sécurise son pétrole : le Gabon et le Congo s’imposent dans sa stratégie d’urgence
2026-04-09 12:33:00
Face aux tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz, la Corée du Sud accélère la diversification de ses approvisionnements pétroliers. Dans cette recomposition stratégique, le Gabon et le Congo émergent comme des fournisseurs alternatifs, ouvrant une opportunité économique pour l’Afrique centrale, malgré des contraintes structurelles persistantes.
Envoyé en mission
stratégique au Kazakhstan, à Oman et en Arabie saoudite, Kang Hoon-sik, chef de
cabinet de la présidence sud-coréenne, mène une offensive diplomatique et
énergétique d’envergure. Objectif : sécuriser les approvisionnements en pétrole
brut dans un contexte de tensions géopolitiques accrues autour du détroit
d’Ormuz, point névralgique du commerce énergétique mondial.
Cette dépendance
structurelle constitue une vulnérabilité majeure pour Séoul, dont près de 70 %
des importations d’hydrocarbures proviennent du Moyen-Orient. Pour atténuer ce
risque, les autorités sud-coréennes ont engagé une stratégie de diversification
accélérée, en mobilisant à la fois leurs partenaires traditionnels et de
nouveaux producteurs.
Selon le ministère
sud-coréen du Commerce, 110 millions de barils de brut de substitution ont été
sécurisés pour les mois d’avril et mai auprès de 17 pays. Parmi eux figurent
désormais le Gabon et le Congo, aux côtés du Brésil, de l’Australie ou encore du
Canada. Ces volumes couvrent environ 60 % de la demande d’avril et 70 % de
celle de mai, traduisant une réponse rapide à la crise.
Cette évolution marque
un tournant stratégique. Au-delà de la gestion de l’urgence, Séoul amorce une
redéfinition de sa politique énergétique, avec une volonté claire de réduire
son exposition à la route d’Ormuz, qui concentre encore plus de 60 % de ses importations
de brut et plus de la moitié de celles de naphta.
Pour les producteurs
d’Afrique centrale, cette recomposition ouvre une fenêtre d’opportunité
significative, dans un contexte de prix du brut dépassant les 110 dollars le
baril. Toutefois, les bénéfices restent limités par des contraintes
structurelles. Au Congo comme au Gabon, les capacités de raffinage
insuffisantes obligent à importer une partie des produits pétroliers finis,
réduisant l’impact net des revenus d’exportation. Une réalité qui souligne
l’urgence d’investissements dans la transformation locale pour capter davantage
de valeur.