SIGFIP : l’ANINF bascule vers une gestion budgétaire responsabilisée



2026-02-23 09:53:00

À l’approche du budget 2026, l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences se prépare à un changement structurel majeur dans la chaîne de la dépense publique.



Du 19 au 20 février, les gestionnaires de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) ont suivi une formation dédiée aux bonnes pratiques budgétaires dans le cadre du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP). L’enjeu dépasse la simple maîtrise d’un nouvel outil numérique : il s’agit d’intégrer une nouvelle philosophie de gestion, alors que l’exécution du budget 2026 sera entièrement adossée à ce système. Pour l’administration gabonaise, la réforme marque une étape décisive vers la digitalisation et la sécurisation des finances publiques.

Comme l’a souligné le contrôleur budgétaire Yves Pambou Pambou, le SIGFIP ne se limite pas à la dématérialisation des procédures. Il modifie en profondeur la logique de contrôle en plaçant les services de l’ordonnateur au point d’entrée de la chaîne budgétaire. Autrement dit, la responsabilité de la conformité, de la soutenabilité et de la rigueur ne s’exerce plus seulement en aval, mais dès l’initiation de la dépense. Cette inversion des mécanismes classiques vise à fluidifier les procédures, améliorer le taux d’exécution budgétaire et limiter les blocages administratifs qui freinent souvent la mise en œuvre des projets publics.

Dans un contexte de modernisation accélérée impulsée par l’État, cette réforme introduit une exigence claire : la performance et la redevabilité ne sont plus négociables. Pour des structures stratégiques comme l’ANINF, au cœur de la transformation numérique du pays, l’appropriation du SIGFIP conditionnera non seulement l’efficacité budgétaire, mais aussi la crédibilité institutionnelle. Le défi n’est donc pas technique, il est culturel : instaurer durablement une gestion publique orientée vers les résultats et la transparence.