Tabac et nicotine : le Gabon durcit le ton pour protéger sa jeunesse
2026-02-28 14:56:00
Réuni le 26 février 2026, le Conseil des ministres engage une réforme ambitieuse de la législation antitabac. Face aux nouvelles formes de consommation et aux stratégies numériques de l’industrie, l’État choisit la fermeté au nom de la santé publique.
Le Conseil des ministres du 26 février 2026 marque un tournant dans la politique de santé publique du Gabon. À travers un nouveau projet d’ordonnance structuré en 59 articles, le gouvernement entend adapter le cadre juridique à l’évolution rapide du marché du tabac et de la nicotine. La loi de 2013, pionnière à son époque, ne suffisait plus face à l’apparition de produits hybrides, dispositifs électroniques et stratégies de commercialisation numérique ciblant particulièrement les jeunes. Le texte ne se limite plus au tabac traditionnel : il encadre désormais l’ensemble des produits contenant de la nicotine et leurs dérivés.
L’architecture du projet, articulée en huit chapitres, repose sur une stratégie claire : agir simultanément sur la demande et sur l’offre. Réduire l’attractivité des produits, en limiter l’accessibilité, encadrer strictement la publicité et la distribution, notamment en ligne — autant de leviers destinés à freiner l’expansion d’une consommation qui pèse lourdement sur les familles et sur le système de santé. L’objectif affiché n’est pas répressif, mais préventif : contenir une addiction dont les effets sanitaires et sociaux s’inscrivent dans la durée.
Au-delà de la technique juridique, le signal politique est fort. En choisissant d’anticiper les mutations d’une industrie en constante adaptation, l’État affirme que la santé publique constitue un impératif stratégique. La lutte contre le tabagisme devient ainsi un acte de souveraineté sanitaire, une manière de protéger le capital humain national face à des intérêts économiques puissants. À travers cette réforme, le Gabon entend rappeler que la modernité ne peut se construire au détriment du souffle de sa jeunesse ni de l’équilibre de ses foyers.