1,18 milliard de dollars par an : pour transformer le Gabon d’ici 2030 selon la BAD
2026-03-17 13:56:00
Selon le rapport pays 2025 de la Banque africaine de développement, le Gabon devra mobiliser près de 1,18 milliard de dollars par an, soit plus de 700 milliards de FCFA, pour financer ses infrastructures et atteindre ses objectifs de développement à l’horizon 2030. Un défi financier majeur qui oblige le pays à repenser ses mécanismes de financement et à accélérer la diversification de son économie.
Le Gabon fait face à un défi financier de
grande ampleur pour soutenir sa transformation économique. Dans son rapport
pays 2025, la Banque africaine de développement estime que le pays devra
mobiliser 1,18 milliard de dollars chaque année pour financer les
investissements nécessaires à son développement d’ici 2030. Un volume
d’investissement considérable qui traduit l’ampleur des besoins en
infrastructures et en modernisation de l’économie.
Actuellement, les ressources disponibles
restent largement insuffisantes pour couvrir ces ambitions. Selon les
estimations de l’institution panafricaine, les financements domestiques et les
apports extérieurs ne couvrent que 14,6 % des besoins identifiés,
laissant apparaître un déficit annuel proche de 1 milliard de dollars.
Cet écart met en lumière la nécessité pour le pays de diversifier ses sources
de financement et d’attirer davantage de capitaux internationaux.
Les infrastructures concentrent l’essentiel
des besoins d’investissement, représentant 72,2 % du financement total
requis. L’énergie arrive en deuxième position avec 12 %, suivie par
l’éducation qui mobilise 11,1 % des besoins. Pour les experts, l’enjeu
dépasse la simple construction d’infrastructures : il s’agit aussi de
développer les compétences locales afin que ces investissements bénéficient
pleinement à l’économie nationale.
Pour combler ce déficit de financement, la
Banque africaine de développement identifie plusieurs leviers. Parmi eux
figurent le renforcement de la mobilisation fiscale, l’attraction
d’investissements directs étrangers dans les secteurs non pétroliers et l’exploitation
du potentiel du Gabon sur le marché des crédits carbone. Grâce à ses vastes
forêts tropicales, le pays dispose en effet d’un avantage stratégique en
matière de séquestration du CO₂.
Reste toutefois une équation délicate à résoudre : financer massivement le développement sans aggraver le niveau d’endettement public. Cela suppose une sélection rigoureuse des projets d’investissement, une meilleure efficacité dans la gestion des dépenses publiques et un renforcement de la lutte contre la corruption afin de garantir que chaque franc investi contribue réellement à la transformation économique du pays.