Andock : une filière discrète mais stratégique pour l’économie gabonaise avec un chiffre d’affaires global de 1,64 milliard de FCFA
2026-04-30 12:25:00
Longtemps sous-estimée, la filière de la mangue sauvage révèle un potentiel économique et social réel, malgré des fragilités structurelles persistantes.
Dans une étude approfondie, la revue La Lettre Verte met en lumière le rôle économique de l’Andock, issu de l’espèce Irvingia gabonensis, au Gabon. Longtemps ignorée faute de données fiables, cette filière génère aujourd’hui une valeur ajoutée estimée à près de 974 millions de FCFA par an, pour un chiffre d’affaires global avoisinant 1,64 milliard de FCFA. Au-delà de ces chiffres, elle se distingue par sa dimension inclusive, offrant des revenus saisonniers à de nombreuses populations rurales. Avec près de 950 emplois informels et environ 69 millions de FCFA de recettes fiscales, principalement issues de la consommation, l’Andock s’impose comme une activité économiquement viable, bien que marginale à l’échelle du PIB.
Mais derrière cette contribution tangible, les limites du modèle apparaissent clairement. La filière reste peu structurée, dominée par une multitude d’acteurs isolés, sans organisation collective capable d’optimiser la production ou la commercialisation. À cela s’ajoutent des contraintes logistiques majeures : enclavement des zones de production, infrastructures dégradées et dépendance aux importations, notamment en provenance du Cameroun, qui creusent un déficit commercial estimé à plus de 200 millions de FCFA. L’absence de techniques de domestication maîtrisées renforce également la vulnérabilité de la production, fortement dépendante des conditions climatiques et difficilement planifiable.
Face à ces défis, les perspectives de transformation existent mais exigent des choix stratégiques clairs. L’une des pistes envisagées repose sur la mise en place d’une certification, susceptible de valoriser l’Andock sur les marchés régionaux et internationaux. Une telle évolution pourrait renforcer la contribution de la filière à la transition économique verte du Gabon, tout en réduisant la dépendance aux importations. Mais cette ambition implique des investissements importants, un encadrement institutionnel solide et une vigilance accrue pour ne pas exclure les petits producteurs. En l’état, l’Andock incarne un paradoxe économique : une richesse abondante, ancrée dans les habitudes alimentaires, mais encore insuffisamment exploitée comme levier structurant de développement.