Budget 2026 : le projet de loi de finances, premier de la Ve République, adopté par l’Assemblée nationale
2025-10-29 14:15:00
Le projet de loi de finances 2026, premier de la Ve République, a été adopté par l’Assemblée nationale de Transition avant son examen par le Sénat. Porté par une ambition de transformation structurelle et une cible de croissance de 7 %, il se heurte néanmoins à des interrogations sur sa cohérence et sa faisabilité.
Un budget symbolique et stratégique
Le ministre d’État en charge de l’Économie l’a rappelé : ce budget doit « organiser l’avenir de notre économie ». Il constitue un jalon clé dans la mise en œuvre du projet de société du président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui mise sur la transparence budgétaire, la diversification et la modernisation des finances publiques.
Mais cet avenir reste à bâtir dans un contexte économique encore fragile, marqué par une croissance molle, autour de 2,5 %, une forte dépendance aux hydrocarbures et des indicateurs sociaux préoccupants. Si le gouvernement table sur une croissance de 7 %, voire à deux chiffres, le FMI et la BAD tablent respectivement sur 2,6 % et 2,2 %, soulignant la prudence nécessaire face aux contraintes structurelles.
Des députés favorables, mais vigilants
Les débats à l’Assemblée nationale ont mis en lumière un soutien prudent. La Commission des Finances, du Budget, de la Comptabilité publique, des Affaires économiques et de la Production a salué la pertinence des grandes orientations, tout en pointant un paradoxe : des projections de croissance ambitieuses face à des recettes stagnantes.
Dans son rapport, Justine Judith Lekogo, rapporteur de ladite commission, évoque des « insuffisances techniques et de cohérence dans le PLF 2026 », appelant à une révision des hypothèses de base, notamment celles liées à la mobilisation du budget d’investissement et à la répartition sectorielle.
Le test de la cohérence et de la rigueur
Ce premier budget de la Ve République n’est pas un exercice ordinaire. Il ouvre un nouveau cycle politique et économique, et servira de baromètre pour juger la capacité du gouvernement à traduire les promesses de la Transition en actes concrets :
- redresser la trajectoire économique,
- diversifier les sources de revenus,
- restaurer la confiance,
- et répondre aux attentes sociales.
Mais pour atteindre ces objectifs, le gouvernement devra conjuguer rigueur, cohérence et transparence, seules garanties d’un avenir effectivement organisé, et non simplement annoncé.