Budget municipal : Eugène Mba face à l’urgence d’une répartition plus équitable
2026-04-27 13:43:00
La répartition du budget municipal de Libreville suscite une vive controverse. Avec seulement 70 millions de FCFA alloués par arrondissement, la question de la décentralisation et de l’efficacité de la gouvernance locale est plus que jamais posée.
La crise budgétaire qui secoue l’Hôtel de
Ville de Libreville agit comme un révélateur brutal des dysfonctionnements de
la gouvernance locale. Comment justifier qu’un budget global avoisinant les 30
milliards de FCFA n’accorde que 70 millions à chaque mairie d’arrondissement ?
Cette disproportion interroge profondément sur les choix de gestion et sur la
réalité de la décentralisation tant prônée depuis des années. Ce débat dépasse
désormais le cadre administratif pour devenir une question politique majeure.
Dans les faits, les arrondissements de
Libreville restent fortement dépendants de la mairie centrale. Cette situation
traduit une décentralisation de façade, où les entités locales ne disposent ni
des ressources ni de l’autonomie nécessaires pour agir efficacement. Avec moins
de 0,2 % du budget global, les maires d’arrondissement sont réduits à un rôle
d’exécution, sans réelle capacité d’initiative ni marge de manœuvre
stratégique.
Sur le terrain, les conséquences sont visibles
et impactent directement le quotidien des populations. L’insalubrité
persistante, la dégradation des infrastructures secondaires et l’insuffisance
de l’éclairage public témoignent d’un manque criant de moyens. Les budgets
alloués couvrent à peine les charges de fonctionnement, reléguant les mairies à
des fonctions administratives minimales, loin des attentes des citoyens en
matière de services publics de proximité.
Ce déséquilibre est d’autant plus frappant
qu’il contraste avec certaines dépenses de la mairie centrale. L’augmentation
significative des budgets de fonctionnement de certains cabinets renforce le
sentiment d’injustice et alimente les critiques sur une gestion jugée
déséquilibrée. Le rejet du budget 2026 par une majorité de conseillers
municipaux apparaît ainsi comme un signal fort, traduisant une volonté de
rupture avec ces pratiques.
Face à cette situation, la nécessité d’une
réforme s’impose avec urgence. Le nouveau maire, Eugène Mba, est désormais
attendu sur des décisions structurantes capables de rééquilibrer la
distribution des ressources. Redonner aux arrondissements les moyens de leurs
missions est une condition essentielle pour restaurer l’efficacité de l’action
publique et répondre aux besoins réels des populations. Plus qu’un ajustement
budgétaire, c’est une refondation de la gouvernance locale qui est en jeu.