CEMAC : Cameroun, Gabon et Tchad en tête de la croissance en 2026



2026-03-06 15:58:00

Selon les projections de la Banque mondiale, la croissance économique de la zone CEMAC devrait atteindre 3,4 % en 2026. Le trio Cameroun-Gabon-Tchad mènerait la dynamique régionale avec une progression estimée à 3,7 %, malgré des vulnérabilités liées aux hydrocarbures et à l’endettement public.



Les perspectives économiques de l’Afrique centrale s’annoncent relativement favorables pour l’année 2026. D’après les projections actualisées de la Banque mondiale, la zone Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) devrait enregistrer une croissance moyenne d’environ 3,4 %, portée par des dynamiques économiques contrastées entre ses États membres.

En tête du classement régional, trois pays devraient afficher la meilleure performance avec une croissance estimée à 3,7 % : le Cameroun, le Gabon et le Tchad. Au Cameroun, cette progression serait soutenue par l’augmentation de l’offre électrique ainsi que par la montée des investissements publics et privés. De son côté, le Tchad bénéficierait d’une diversification progressive de son économie, notamment grâce à l’expansion du secteur non pétrolier. Quant au Gabon, bien qu’il figure dans le trio de tête, sa croissance reste freinée par un ralentissement relatif de la production pétrolière.

Derrière ce groupe de tête, la République du Congo devrait enregistrer une croissance d’environ 3,2 %, légèrement supérieure à celle observée en 2024. Toutefois, cette reprise reste limitée par des difficultés techniques affectant la production pétrolière. La République centrafricaine devrait quant à elle atteindre un taux de croissance d’environ 3 %, soutenue notamment par l’amélioration de l’approvisionnement en carburant et en électricité.

À l’autre extrémité du classement, la Guinée équatoriale continuerait d’éprouver des difficultés économiques avec une croissance quasi nulle estimée à 0,4 %. Cette faible performance s’explique principalement par le déclin structurel de ses champs d’hydrocarbures, qui constituent le pilier de son économie.

Malgré ces perspectives encourageantes pour certains pays, la croissance régionale demeure fragile. Les économies de la CEMAC restent fortement dépendantes des exportations de matières premières, en particulier des hydrocarbures. Une baisse significative des cours du pétrole pourrait ainsi fragiliser les recettes d’exportation et les équilibres budgétaires des États membres.

La question de l’endettement public constitue également un sujet de préoccupation. Selon les estimations disponibles, le ratio dette/PIB demeure élevé dans plusieurs pays de la région, notamment en République du Congo où il atteint environ 91 %, et au Gabon avec près de 71 %, soit au-delà du seuil de convergence fixé à 70 % dans l’espace CEMAC.

Dans ce contexte, les institutions financières internationales appellent les États d’Afrique centrale à poursuivre les réformes structurelles et à accélérer la diversification de leurs économies afin de réduire leur dépendance aux hydrocarbures et renforcer la résilience de la croissance régionale.