Conférence FETRAG : Education , Réforme et affaire CLICKAFRIK au cœur des échanges



2026-02-16 14:44:00

Face aux préoccupations des travailleurs gabonais, la Fédération des travailleurs du Gabon (FETRAG) a apporté des clarifications sur plusieurs dossiers sensibles, notamment la crise de l’éducation, l’affaire CLICKAFRIK et la hausse des cotisations CNSS.



Lors d’une rencontre avec les médias, la Fédération des travailleurs du Gabon (FETRAG) a abordé plusieurs sujets d’actualité touchant directement la communauté des travailleurs. Par cette sortie, l’organisation a souhaité apporter un éclairage pédagogique sur les informations circulant autour de faits de société récents, tout en réaffirmant sa position sur les réformes en cours.

Selon le Secrétaire général, les travailleurs se disent globalement favorables aux réformes qui les concernent. Toutefois, a-t-il insisté, il demeure essentiel qu’ils en comprennent pleinement les contours ainsi que les implications. Les principales inquiétudes exprimées portent davantage sur le mode de gouvernance et sur les mécanismes d’application de ces réformes. 

S’agissant de la situation de l’Éducation nationale, le Secrétaire général a dressé un état des lieux en mettant en lumière les faits marquants ainsi que les axes d’amélioration envisageables. Il a notamment regretté le manque de discernement de certains représentants, estimant qu’il aurait été plus judicieux d’opter pour une suspension de la grève plutôt qu’une levée définitive. Selon lui, une telle stratégie aurait permis de préserver les revendications tout en maintenant la dynamique de dialogue, notamment à l’approche de l’échéance du 25, présentée comme susceptible d’apporter des avancées.

Il a par ailleurs souligné la nécessité d’éviter toute perception selon laquelle les enseignants saboteraient l’éducation des enfants. Pour la FETRAG, la situation traduit plutôt une tension entre deux droits légitimes : le droit des enseignants à la justice sociale notamment le paiement de leurs salaires et le droit des enfants à l’éducation. L’organisation plaide ainsi pour une posture de tempérance fondée sur un repli stratégique conciliant ces deux impératifs. 

Concernant l’affaire CLICKAFRIK, la FETRAG a tenu à préciser sa position vis-à-vis des deux entités mises en cause. L’organisation affirme ne pas être partie prenante au conflit, mais indique jouer un rôle pédagogique en analysant les faits et en appelant à davantage de clarté. Elle estime que les acteurs concernés gagneraient à adopter une stratégie de communication plus structurée, plutôt que de privilégier les réseaux sociaux.

La FETRAG s’interroge également sur la validité de la convention signée dans un contexte particulier. Selon elle, le contrat aurait été conclu durant une période d’intérim, dans le cadre d’une administration provisoire qui n’était pas habilitée à engager durablement l’avenir de l’entreprise dans ses missions spécifiques. Elle relève en outre que la CNSS sortait d’un mois de grève au moment de l’initiation de cette convention et que les instances ayant validé le document  notamment le comité de suivi et de contrôle  n’auraient pas eu qualité pour statuer.

Afin de clore définitivement ce dossier, la FETRAG appelle à la transparence totale et demande la publication de l’ensemble des pièces justificatives, notamment la convention et les documents relatifs à la qualification des fournisseurs dans le cadre des appels d’offres.

Interrogée sur le décret n°0487/PR/MASI du 18 décembre 2025 relatif à l’augmentation des taux de cotisations sociales CNSS qui fait passer la part salariale de l’assurance vieillesse de 2,5 % à 5 % la FETRAG a invité les travailleurs à s’y conformer.

Entrée en vigueur en janvier 2026, cette réforme vise, selon l’organisation, à pérenniser le système de pension. La FETRAG rappelle que les travailleurs en sont les principaux bénéficiaires et souligne l’importance d’éclairer l’opinion sur les implications réelles de cette mesure.