Cybersécurité : plus de 900 000 alertes d’intrusion en deux mois au Gabon



2026-09-08 10:33:00

Plus de 900 000 alertes d’intrusion ont été enregistrées sur les systèmes numériques gabonais au cours des soixante derniers jours, certaines présentant un niveau de criticité jugé très élevé. Face à cette pression croissante, le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, appelle administrations, entreprises et particuliers à renforcer leur vigilance et à faire de la cybersécurité une responsabilité collective.



Le chiffre suffit à mesurer l’ampleur du défi : plus de 900 000 alertes en seulement deux mois. Dans une communication publiée le 7 septembre, Mark-Alexandre Doumba a appelé les utilisateurs à adopter des réflexes de prudence face aux tentatives d’intrusion et aux actes de cybercriminalité. « La cybersécurité ne relève pas uniquement des spécialistes de l’informatique, elle constitue désormais une responsabilité collective », a rappelé le ministre. Une évolution devenue nécessaire alors que les administrations, entreprises et particuliers dépendent de plus en plus des ordinateurs, smartphones, messageries et plateformes numériques pour leurs activités quotidiennes.

Cette pression intervient dans un contexte où plusieurs structures gabonaises ont déjà été confrontées à des menaces ou incidents cyber. Fin août 2026, le Conseil gabonais des chargeurs a notamment été revendiqué comme cible d’une attaque par le groupe de rançongiciel Krybit, avec une menace de divulgation de données. De tels épisodes illustrent les risques auxquels sont exposées les infrastructures publiques et parapubliques, dont les activités reposent désormais largement sur des systèmes connectés. Pour les autorités, l’enjeu ne se limite donc plus à protéger des équipements : il s’agit également de garantir la continuité des services, la protection des données sensibles et la souveraineté numérique du pays.

Le gouvernement veut désormais privilégier l’anticipation plutôt que la réaction. Cela passe par davantage de prévention, d’audits, de contrôles, de protection des systèmes et de capacités de réponse aux incidents. Le cadre réglementaire s’est d’ailleurs renforcé avec la loi de 2023 relative à la cybersécurité et à la lutte contre la cybercriminalité, ainsi qu’avec l’ordonnance de 2025 consacrée à la digitalisation. Mais la technologie ne suffira pas à elle seule : courriels frauduleux, liens malveillants, usurpations d’identité ou demandes inhabituelles de données exploitent souvent la vulnérabilité humaine. À mesure que le Gabon accélère sa transformation numérique, notamment avec le développement de nouvelles infrastructures comme le data center de Nkok, la cybersécurité devient ainsi une condition essentielle de cette modernisation : digitaliser davantage implique aussi de protéger davantage.