Déguerpis du carrefour SNI : dix mois après, l’attente et la détresse persistent
2026-04-27 09:09:00
Près d’un an après leur expulsion du site du carrefour SNI à Owendo, des centaines de familles vivent toujours dans des conditions précaires au complexe Léon-Augé, faute de solution durable de relogement.
Dix mois après la vaste opération de déguerpissement menée au niveau du carrefour SNI, dans la commune d’Owendo, la situation des familles expulsées reste préoccupante. Faute de solution de relogement pérenne, plusieurs d’entre elles continuent d’occuper les gradins du complexe sportif Léon-Augé, transformé malgré lui en site d’hébergement de fortune.
À l’époque, cette opération visait à libérer des emprises occupées de manière anarchique. Mais pour les 427 personnes recensées, dont 96 enfants scolarisés, le choc du déplacement a laissé place à une longue période d’incertitude et de précarité.
Installées à proximité du Lycée technique national Omar Bongo, ces familles vivent dans des conditions particulièrement difficiles. Promiscuité, insalubrité, accès limité aux soins et à l’alimentation : le quotidien est marqué par une détérioration progressive des conditions de vie. Le bilan humain, lui, est lourd : plusieurs décès ont été enregistrés, ainsi que des cas de maladies graves, tandis que de nombreux enfants ont vu leur scolarité interrompue.
Face à cette situation, les autorités assurent ne pas être restées inactives. La Direction générale du Bien-Être (DGBE), relevant du ministère des Affaires sociales, indique avoir procédé au recensement des sinistrés et formulé des propositions de prise en charge. Parmi celles-ci : un relogement provisoire dans des structures hôtelières pour les familles, et un hébergement en internat pour les enfants scolarisés.
Des solutions toutefois rejetées par les principaux concernés, qui redoutent des mesures temporaires sans garantie de stabilisation durable. Les déguerpis réclament plutôt des logements définitifs, des parcelles viabilisées accompagnées d’un appui financier, voire des indemnisations.
Le dossier a ensuite été porté au niveau gouvernemental, impliquant plusieurs administrations, dont le ministère de l’Intérieur et celui du Budget. Une réunion interministérielle s’est tenue le 26 mars 2026 sur instruction du vice-président du gouvernement, avec pour objectif de dégager des solutions concrètes.
Mais sur le terrain, les avancées tardent à se matérialiser. Entre contraintes administratives, enjeux financiers et divergences sur les modalités de relogement, le processus semble enlisé, laissant les familles dans une attente prolongée.
Aujourd’hui, au complexe Léon-Augé, l’espoir d’une sortie de crise demeure fragile. Pour ces citoyens, la question n’est plus seulement celle du relogement, mais celle de la dignité, de la sécurité et de l’avenir de leurs enfants. Une équation sociale urgente, qui interpelle sur la capacité des pouvoirs publics à apporter des réponses rapides et durables à des situations de grande vulnérabilité.