Grippe aviaire : le Gabon renforce sa riposte avec un plan national de surveillance



2026-03-17 14:16:00

Face à la menace persistante de la grippe aviaire et à l’approche de l’interdiction d’importation du poulet en 2027, le Gabon élabore un plan national de surveillance pour protéger sa filière avicole et prévenir de nouvelles crises sanitaires.



À l’approche de l’entrée en vigueur de l’interdiction d’importation du poulet de chair prévue pour le 1er janvier 2027, le Gabon intensifie ses efforts pour sécuriser sa filière avicole. Au cœur de cette stratégie : le projet Zoosursy, mis en œuvre par Organisation mondiale de la santé animale et financé par Union européenne. Depuis le début de la semaine à Nkok, experts vétérinaires, autorités sanitaires et partenaires internationaux participent à un atelier stratégique dédié à l’élaboration et à la validation d’un plan national de surveillance intégrée de l’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), plus connue sous le nom de grippe aviaire.

Cette initiative intervient dans un contexte préoccupant, marqué par la circulation du virus dans plusieurs régions du monde, mais aussi par des épisodes récents enregistrés au Gabon. En 2022, trois foyers avaient été détectés dans la zone de Meyang, entraînant la mort de près de 15 000 volailles. Plus récemment, en septembre 2025, un cas du virus H5N1 a été confirmé au Cap Estérias, ravivant les inquiétudes des autorités.

Pour Cécile Abadie, cet atelier « arrive à point nommé » et témoigne de l’engagement des partenaires internationaux à accompagner le Gabon dans la gestion des défis sanitaires mondiaux. L’objectif est clair : doter le pays d’un dispositif opérationnel permettant une détection précoce et une réponse rapide face à cette maladie aux lourdes conséquences économiques et sanitaires.

Même son de cloche du côté du ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, qui souligne que « les conséquences de l’Influenza aviaire sont dévastatrices pour la filière avicole, la subsistance des éleveurs et le commerce ». Le projet s’appuie également sur l’approche « One Health », qui reconnaît l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale. Comme l’a rappelé Yacinthe Guigma, près des deux tiers des maladies infectieuses humaines proviennent des animaux, une proportion qui peut atteindre 75 % pour les maladies émergentes.

À l’issue des cinq jours de travaux, le Gabon devrait se doter d’un plan de surveillance multisectoriel intégrant les nouvelles dynamiques épidémiologiques, notamment chez les mammifères domestiques et sauvages tels que les bovins, renards, visons ou encore les oiseaux marins. Au-delà de la prévention sanitaire, cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la souveraineté alimentaire du pays et à accompagner la transformation de son secteur avicole.