Guerre en Ukraine : le Gabon défend le dialogue à l’ONU



2026-02-27 08:39:00

À l’occasion du vote d’une résolution appelant à une paix durable en Ukraine, le Gabon a choisi l’abstention. Un positionnement diplomatique assumé, fondé sur le dialogue, la désescalade et le respect du droit international.



Quatre ans après le déclenchement de l’offensive de la Fédération de Russie contre l’Ukraine, la Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 24 février, une résolution intitulée « Appui à une paix durable en Ukraine ». Le texte appelle à un cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel, à une paix globale conforme au droit international et à la Charte des Nations unies, ainsi qu’à des mesures humanitaires fortes, notamment l’échange des prisonniers de guerre et le retour des civils déplacés de force. Adoptée par 107 voix pour, 12 contre et 51 abstentions, la résolution traduit une volonté majoritaire de relancer la dynamique diplomatique.


Parmi les États ayant opté pour l’abstention figure le Gabon. Ce choix s’inscrit dans la continuité d’une ligne diplomatique constante : privilégier le dialogue plutôt que l’alignement automatique, encourager la désescalade plutôt que la polarisation. Libreville ne s’écarte ni des principes de souveraineté des États ni de l’attachement à l’intégrité territoriale, mais refuse d’inscrire sa position dans une logique de blocs. Dans un contexte international marqué par de fortes tensions géopolitiques et des tentatives de médiation soutenues notamment par les États-Unis, le Gabon entend préserver un espace de neutralité active propice à la négociation.


Ce positionnement traduit une vision stratégique du multilatéralisme. Pour les autorités gabonaises, la stabilité internationale repose sur le respect de la Charte des Nations unies et sur la recherche de solutions politiques durables, négociées et inclusives. En choisissant l’abstention, le Gabon affirme une diplomatie d’équilibre : ne pas ignorer les principes fondamentaux du droit international, tout en laissant la porte ouverte aux initiatives susceptibles de rapprocher les parties. Dans un conflit où les fractures demeurent profondes, Libreville revendique ainsi un rôle de modération, fidèle à sa tradition de règlement pacifique des différends.