Lait Caillé, bissap, jus de gingimbre : l’AGASA impose 7 étapes strictes avant toute reprise des activités



2026-05-13 17:03:00

Après avoir suspendu plusieurs produits alimentaires artisanaux pour non-conformité sanitaire, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire met désormais en place un mécanisme d’accompagnement destiné à aider les producteurs à régulariser leurs activités. Une démarche qui marque un tournant dans la normalisation du secteur alimentaire artisanal au Gabon.



Quelques jours seulement après l’interdiction de commercialisation de plusieurs produits artisanaux, notamment le bissap, le lait caillé ou certaines glaces locales, Agence gabonaise de sécurité alimentaire passe à une nouvelle phase : celle de la mise aux normes sanitaires. Dans un document publié sur sa plateforme Facebook, l’agence dévoile une véritable feuille de route destinée aux producteurs concernés. Objectif affiché : permettre une reprise encadrée des activités tout en renforçant la protection des consommateurs. Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités sanitaires multiplient les contrôles face aux risques liés aux mauvaises conditions de fabrication, de conservation et de distribution des produits alimentaires artisanaux.

Le dispositif élaboré par l’AGASA repose sur sept étapes majeures. Les producteurs devront d’abord s’enregistrer auprès des bureaux provinciaux afin d’être officiellement identifiés et suivis. Ils seront ensuite tenus de disposer d’un local adapté exclusivement dédié à leur activité, équipé de matériels conformes aux exigences sanitaires. L’agence impose également la formalisation de protocoles précis de production détaillant les ingrédients, les dosages, les méthodes de fabrication et les conditions de conservation. Une fois ces prérequis validés, les équipes techniques de l’AGASA effectueront un audit sanitaire des installations avant de procéder à des analyses en laboratoire sur des échantillons prélevés. Ce n’est qu’après validation complète de ces étapes qu’un agrément sanitaire pourra être délivré, autorisant officiellement la reprise des activités commerciales.

À travers cette réforme, l’AGASA entend instaurer une nouvelle culture de sécurité alimentaire dans un secteur longtemps dominé par l’informel. L’agence insiste particulièrement sur la nécessité de prévenir les intoxications et les maladies alimentaires pouvant résulter de pratiques non maîtrisées. Si certains producteurs redoutent des contraintes administratives et financières difficiles à supporter, les autorités sanitaires défendent une démarche progressive et pédagogique. « La durée du parcours dépend de la capacité de chaque opérateur à remplir les conditions énumérées », précise le document officiel. Après les opérations menées contre l’eau en sachet et certains produits transformés, cette nouvelle offensive confirme la volonté des autorités gabonaises d’étendre les normes sanitaires à l’ensemble de la chaîne alimentaire artisanale, avec en ligne de mire une professionnalisation durable du secteur.