Le « milliard de Lébamba » : la promesse qui a tout bouleversé sans jamais voir le jour
2025-12-10 11:18:00
Présenté comme un investissement majeur pour relancer le développement local, le « milliard de Lébamba » n’a pourtant jamais été injecté sur le terrain.
Entre espoirs déçus, tensions sociales et zones d’ombre administratives, cette affaire devenue scandale national illustre les dérives d’une gouvernance où les promesses non tenues laissent des traces profondes.
Le scandale du « milliard de Lébamba » marque un nouveau tournant dans la longue liste des controverses financières qui secouent le Gabon. Si plusieurs dossiers ont déjà défrayé la chronique ces dernières années, celui-ci se distingue par une singularité troublante : l’argent promis n’a jamais été utilisé, mais les conséquences pour la population, elles, sont bien réelles.
À l’origine, le projet se voulait porteur d’espoir. Ce milliard de FCFA devait permettre au département de la Louétsi-Wano de retrouver un souffle nouveau : réhabilitation des infrastructures vieillissantes, relance des activités agricoles, soutien aux petits producteurs et modernisation des services de base. Une promesse présidentielle qui se voulait claire, concrète et immédiatement impactante pour les habitants.
Mais rapidement, le rêve a laissé place à l’incompréhension. Aucun chantier n’a démarré. Aucun programme n’a été exécuté. Aucun producteur n’a bénéficié du moindre soutien. L’argent destiné à transformer le quotidien des populations n’a jamais été mis en circulation. Pourtant, les effets sociaux se sont fait sentir : attentes généralisées, organisation de projets avortés, tensions communautaires et désillusions profondes dans les villages concernés.
Au fil des semaines, les interrogations se sont multipliées. Où est passé ce milliard annoncé ? Pourquoi aucune action administrative n’a suivi ? Les autorités locales affirment ne jamais avoir reçu les fonds. Les populations, elles, dénoncent un manque de transparence criant, tandis que certains responsables évoquent des blocages internes ou des procédures jamais finalisées. Le flou administratif renforce le scandale et alimente un sentiment de trahison.
Aujourd’hui, l’affaire du « milliard de Lébamba » symbolise un problème plus large : celui de la rupture entre annonces officielles et réalités vécues. En Louétsi-Wano, l’espoir suscité par cette promesse non tenue s’est transformé en frustration amère. Pour beaucoup, ce dossier devient le reflet d’un modèle de gouvernance où les promesses politiques creusent davantage les fractures sociales lorsqu’elles ne sont pas suivies d’effets concrets. Reste à savoir si des clarifications officielles viendront un jour apaiser les tensions, et surtout, si des actions réelles remplaceront enfin les annonces restées sans lendemain.