Maison d’arrêt de Libreville : les audiences correctionnelles foraines spéciales lancées
2026-06-11 12:58:00
Le ministère de la Justice a lancé à la Maison d’arrêt de Libreville des audiences correctionnelles foraines spéciales destinées à accélérer le traitement des dossiers de détenus en attente de jugement. Une initiative qui vise à renforcer les garanties judiciaires et à lutter contre les détentions préventives excessivement longues.
Une nouvelle opération judiciaire a débuté ce
mercredi à la Maison d’arrêt de Libreville avec l’ouverture des audiences
correctionnelles foraines spéciales. Organisées par le ministère de la Justice
avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), ces
audiences ont pour objectif d’accélérer l’examen des dossiers impliquant des
personnes placées en détention préventive. L’initiative s’inscrit dans une
démarche visant à améliorer le fonctionnement de la justice pénale et à garantir
un meilleur respect des droits des détenus.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le
ministre de la Justice, Augustin Emane, en présence du vice-président du
Gouvernement, Hermann Immongault. Sur le plan juridictionnel, les travaux sont
conduits sous l’autorité du président du Tribunal de première instance de
Libreville, Jean Gaël Doumbeneny. Quarante dossiers ont été retenus pour cette
première phase, dont vingt examinés dès la première journée.
Ces audiences se déroulent directement au sein
de l’établissement pénitentiaire afin de limiter les contraintes liées aux
extractions judiciaires. Cette formule permet aux magistrats d’accélérer le
traitement des affaires tout en réduisant les délais d’attente. Elle répond
également à une problématique récurrente dans le système judiciaire, celle de
la détention préventive prolongée, souvent critiquée lorsqu’elle dépasse des
délais raisonnables avant jugement.
Parmi les premières affaires examinées
figurait celle d’Owélé Mendy Jean Enock, poursuivi pour des faits de vol
aggravé datant de 2024. Au terme des débats, le ministère public avait requis
une peine de deux ans d’emprisonnement assortie d’une amende de 200 000 francs
CFA. La défense a toutefois mis en avant la situation personnelle du prévenu
ainsi que la durée déjà importante de sa détention. Après délibération, le
tribunal a finalement prononcé sa relaxe.
Au-delà des décisions rendues, cette opération
participe à la réduction de l’encombrement judiciaire et à une meilleure
gestion de la population carcérale. Les autorités entendent ainsi renforcer
l’effectivité du contrôle exercé par les juridictions sur les situations de
détention préventive. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de
consolidation de l’État de droit et de promotion des principes du procès
équitable au Gabon.