Au lendemain d’une chute brutale de son indice de référence, la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale a connu une séance totalement paralysée le 10 mars 2026. Aucun échange n’a été enregistré, un phénomène rare qui met en lumière les fragilités structurelles du marché financier régional.
Le mardi 10 mars 2026 restera comme une
journée exceptionnelle dans l’histoire de la Bourse des Valeurs Mobilières de
l’Afrique Centrale (BVMAC). Après une chute de 6,30 % enregistrée la veille, le
marché s’est totalement immobilisé. Aucune transaction n’a été enregistrée
durant toute la séance, laissant l’indice BVMAC All Share figé à 1 074,33
points. Une situation qui reflète non pas une stabilité retrouvée, mais une
absence totale de confrontation entre acheteurs et vendeurs.
Cette paralysie trouve son origine dans la correction brutale observée la
veille sur plusieurs titres du compartiment agro-industriel. La chute soudaine
des cours a provoqué un choc psychologique chez les investisseurs, qui ont
préféré suspendre leurs décisions plutôt que de s’exposer à un marché devenu
imprévisible.
L’analyse du carnet d’ordres met en évidence un déséquilibre profond. Quelques
intentions d’achat subsistent sur certaines valeurs, mais les prix demandés par
les vendeurs restent jugés trop élevés. À l’inverse, plusieurs titres se
retrouvent sans acheteurs malgré des volumes proposés. Cette situation illustre
l’étroitesse du marché régional et sa faible profondeur.
Même le compartiment obligataire, habituellement plus stable, n’a enregistré
aucune activité. Pourtant, les émissions souveraines et privées représentent un
encours de plus de 1 400 milliards de francs CFA. Mais dans un contexte
d’incertitude, les investisseurs institutionnels préfèrent conserver leurs
obligations jusqu’à maturité plutôt que de s’exposer à des fluctuations
imprévisibles.
Cet épisode constitue un signal d’alerte pour la place financière de l’Afrique
centrale. La paralysie totale d’une séance boursière souligne les limites d’un
marché encore peu liquide et dépendant d’un nombre restreint d’investisseurs.
Pour les régulateurs et les autorités économiques de la CEMAC, la capacité de
la BVMAC à retrouver rapidement de la fluidité sera déterminante pour restaurer
la confiance.