Marché Mont-Bouët : Jusqu’à 15 millions FCFA par jour hors circuits officiels, une enquête réclamée par le SDG et l’ONG-SDG
2026-06-11 12:17:00
Le dossier des perceptions financières opérées dans plusieurs marchés municipaux de Libreville prend une nouvelle dimension judiciaire. Le Syndicat des Débrouillards du Gabon (SDG) et l’ONG Solidarité pour le Développement du Gabon (ONG-SDG) ont saisi plusieurs institutions de contrôle afin de faire la lumière sur des pratiques qu’ils jugent contraires aux règles de gestion des finances publiques.
Le débat autour de la gestion des recettes
dans les marchés municipaux de Libreville s’est intensifié ces derniers jours.
Le Syndicat des Débrouillards du Gabon (SDG) et l’ONG Solidarité pour le
Développement du Gabon (ONG-SDG) ont officiellement engagé des démarches auprès
de plusieurs institutions judiciaires et financières. Leur objectif est
d’obtenir l’ouverture d’enquêtes sur des prélèvements effectués quotidiennement
auprès des commerçants, notamment au marché Mont-Bouët. Selon les deux
organisations, ces pratiques méritent une vérification approfondie afin de
garantir le respect des textes en vigueur.
Dans des correspondances enregistrées le 1er
juin 2026, les deux structures ont saisi le Procureur général près la Cour
d’appel judiciaire de Libreville, la Direction générale des services spéciaux,
la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement
illicite, la Cour des comptes ainsi que l’Agence nationale d’investigation
financière. Ces institutions sont appelées à examiner la régularité des
opérations de recouvrement observées dans les marchés municipaux. Les
requérants souhaitent notamment déterminer si les procédures appliquées sont
conformes aux exigences légales en matière de finances publiques.
Au cœur des dénonciations figure le respect de
la loi de finances rectificative de 2009 relative aux ressources des
collectivités locales. Selon le SDG et l’ONG-SDG, des montants variant entre 1
000 et 2 000 francs CFA seraient régulièrement perçus auprès des commerçants
sans délivrance systématique de justificatifs de paiement. Les organisations
estiment que cette situation pourrait poser un problème de traçabilité des
recettes publiques. Elles considèrent que toute perception de fonds doit être
accompagnée de documents permettant d’identifier clairement l’origine et la
destination des sommes collectées.
Une enquête de terrain menée par la presse
judiciaire gabonaise a permis de recueillir plusieurs témoignages de
commerçants du marché Mont-Bouët. Certains déclarent verser quotidiennement des
sommes dont ils ne connaissent pas précisément l’affectation finale. D’autres
affirment ne recevoir aucun document justificatif après paiement. Bien que ces
déclarations restent à confronter aux explications des autorités municipales et
aux résultats d’éventuelles investigations officielles, elles viennent alimenter
les interrogations soulevées par les organisations plaignantes.
Selon les estimations avancées par le SDG et
l’ONG-SDG, entre 10 et 15 millions de francs CFA pourraient chaque jour
échapper aux circuits officiels de recouvrement. Si ces allégations étaient
confirmées, elles représenteraient un manque à gagner significatif pour la
commune de Libreville et pour le Trésor public. Les regards sont désormais
tournés vers les autorités judiciaires et financières saisies, dont les
conclusions permettront d’établir les responsabilités éventuelles et de faire
toute la lumière sur ce dossier sensible touchant à la gestion des deniers
publics.